S. O. S. Bonheur

GRIFFO, Jean VAN HAMME

Dupuis, 2016



De la BD politique comme on n'en fait plus. De celles qui posent de vraies questions, franches, directes et non de ces vaseux baratins qui, de "mon ennemi, c'est la finance", aboutissent à la loi travail. Ami militant, accroche-toi, tu vas kiffer grave !

Peut-être n'est-il pas utile de faire ici le résumé des sept parties composant l'album et que l'on trouvera en ligne. L'idée générale est de suivre les trajectoires perso de rebelles qui se lèvent contre un système autoritaire dans lequel votre médecin décide de ce que vous mangez, vous devez suivre le programme établi par l'Etat pour vos vacances, seuls les maîtres-écrivains pensionnés par l'Etat peuvent composer, ou encore le grand ordinateur judiciaire, Themis, rend implacablement la loi.

Pas sympa, une société dans laquelle la perte de la carte universelle (CU) relègue le citoyen, tout chef de cabinet à la sécurité publique qu'il soit, au rang de mendiant délinquant. Et pourtant, l'évolution prévisible de notre carte bleue et de notre sécurité sociale n'emprunterait-elle pas le même chemin ? Fidèle de 1984, le scénariste pousse à l'extrême l'encadrement du citoyen par la loi. Bien sûr, la duplicité est au rendez-vous, permettant, par une fausse confiance établie entre un enfant rebelle et un faux président de la république, d'identifier les opposants au régime. De son côté, Orwell ira plus loin, l'autorité créant elle-même sa propre opposition pour mieux la dominer.

Le dessin est très classique et on retrouvera avec plaisir Lino Ventura sous les traits du policier Louis Carelli.

Les gens, ça fait du bien de parler politique, de la vraie, de celle qui façonne notre destin commun. En attendant, ne ratez pas cet album qui, même s'il est ancien, publié dans Spirou entre 1984 et 1986, n'en reste pas moins actuel.

Marc Suquet

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