Cul de sac

Art SPIEGELMAN, Richard THOMPSON

Urban Comics, 2016
Cul de sac, T. 1, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Christophe Gouveia Roberto et Pierre Borgnet.



Les enfants, ce merveilleux réservoir d'inspiration pour les auteurs de tout poil. L'imagination sans limite, la digestion non filtrée des influences extérieures et d'une psyché en construction, le territoire et son apprentissage, l'énergie, l'humour. Ca peut donner le pire comme le meilleur. L'un des meilleurs justement, Bill Watterson pour ne citer que lui, a créé le duo le plus captivant de l'histoire du strip américain, les célèbres Calvin et Hobbes. A l'annonce de l'arrêt de sa série, il a plongé dans le désespoir nombre d'éditeurs, tout en assurant la pérennité d'une oeuvre intégrale parfaite grâce entre autre à sa clôture.

Mais, me direz-vous, pourquoi vous parlé-je de Bill Watterson dans une chronique sur Richard Thompson ? Eh bien, c'est pour vous allécher en démarrant par ce que le premier dit du deuxième : "Je pensais que les meilleurs strips de presse appartenaient au passé, et je n'ai jamais été aussi heureux de me tromper. Cul de sac de Richard Thompson a tout ce qu'il faut : de l'intelligence, un humour doux, un délicieux maniement du langage et, plus surprenant encore, de merveilleux dessins."

Hein ? Ca se pose là quand même ! Si Bill Watterson le dit, vous pouvez même lâcher votre ordi et courir jusqu'à la librairie la plus proche sans même finir ce que j'ai à en raconter ? Mais ce serait paresseux de ma part ! Je vais tâcher d'étoffer un peu.

- Cul de sac est un recueil de "strips", format de BD adapté à une publication régulière dans les journaux (surtout quotidiens ou hebdomadaires), à savoir des histoires courtes de quelques cases avec des personnages récurrents et dont le ton est souvent comique.

- Il met en scène Alice Otterloop, jeune déesse de quatre ans merveilleusement caustique et tyrannique. Alice a un frère, Petey, dont la grande ambition est de devenir le mangeur le plus difficile du monde (pour ce faire, il va régulièrement surveiller son classement sur Internet sur les sites spécialisés), des parents aux occupations un peu étranges comme en ont les adultes, et des camarades de classe qui tous valent le déplacement.

- Le spectacle du père d'Alice sortant de sa voiture est un gag récurrent qui me met en joie, ainsi qu'Alice d'ailleurs. Ai-je mentionné que ce papa gagne sa vie en travaillant au ministère de la Consommation, département des Frustrations mineures ?

- Le copain d'Alice que je préfère : Marcus. Ce pauvre petit garçon est le fils unique surinvesti d'une mère qui scrapbooke jusqu'à ses mouchoirs usagés. Je ne vous raconte pas la pression quand il rapporte un dessin de l'école. A quatre ans, il en est déjà au vingt-septième tome de la rubrique "oeuvres de jeunesse".

Bon, voilà. Si avec ça je ne vous ai pas donné envie de vous précipiter dessus, c'est peine perdue. Mais quand même, lisez-le.

Marion Godefroid-Richert

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