Au bout du fleuve

Jean-Denis PENDANX

Futuropolis, 2017



Au bout du fleuve est un superbe album. Normal : aux manettes, on trouve Pendanx, l'auteur d'Abdallahi ou Jeronimus, mais cette fois-ci seul face au scénario comme au dessin. Dans ce nouvel opus, des couleurs chaudes, presque peintes à coups de pinceau. Mais aussi la violence, celle à laquelle est soumis Kémi qui survit au Bénin, après la mort de son père, de la vente de kpayo, l'essence frelatée. Kémi ne peut oublier son frère, parti vers le delta du Niger. Perdre son jumeau c'est perdre la moitié de son âme. Alors Kémi se lance à sa recherche.

Bien sûr, le voyage de Kémi est initiatique : il quitte l'enfance à travers ses rencontres. Celle du marabout, qui lui maraboute ses maigres finances, celle de Tantie qui vit avec une autre femme (chez les Toffins, quand les hommes meurent, les femmes peuvent se marier entre elles), ou encore de Seny qui avec ses hyènes pratique le cirque de rue : les bêtes font peur aux passants qui payent pour les voir disparaître !

La magie est présente au coin de la forêt : Egun, le dieu des morts visite Kémi. Au bout du fleuve, Yao, les poumons cramés par l'essence et le feu. Pauvres gosses !

Regardez, au bout du fleuve, c'est vraiment beau !

Marc Suquet

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