Silence de mort

Chrystine BROUILLET

La courte échelle, 2008
372 pages, 24 euros



On dirait un quartier tranquille de Québec. Et bien, pas du tout car un homme est découvert près du lac avec une balle dans le front et sa compagne, elle, est étranglée. Original, pour un quartier tranquille !

Voilà un vrai polar de quartier avec l'homo qui ne souhaite pas être reconnu, la femme qui s'intéresse un peu trop à son voisin... Un vrai quartier nord américain avec BBQ entre voisins, politesses de circonstances, ragots si bien balancés, familiarités de bon aloi et sourire lustré. Mais les relations de quartier sont assez complexes au début du livre, traînent un peu et manquent de punch. L'ensemble a un petit coté Desperate Housewifes, la pêche en moins.

Mais bon, ça lasse ces descriptions de petites vacheries entre voisins et fort heureusement, les meurtres viennent pimenter une situation qui s'éternisait un brin. Mais l'enquête elle même manque de punch et de suspense. Elle suit un fil linéaire, trop planplan et n'intègre guère de nouvel élément qui lui donnerait un coup de fouet.

Née en 1958 au Québec, Chrystine Brouillet est un auteur de polars prolifique et particulièrement apprécié pour son personnage de Maud Graham dont la série compte 12 titres. Et Québecoise, elle l'est : Silence de mort montre une bonne connaissance de la belle province avec son lac du Saguenay, sa région de Charlevoix ou sa ville de Québec. Quelques expressions québécoises sont distillées le long du texte : T'as le goût de..., Tabernak, c'est plate, ou encore : porter une coche pour des niaiseries. Mais comme chez les québécois, ardents défenseurs du français, on y retrouve curieusement des mots d'anglais dont l'équivalent français est facile d'utilisation : pills, hot... J'apprécie vraiment le combat des québécois pour la langue française mais alors pourquoi parsemer le français de mots anglais et ne pas parler de plaisanterie plutôt que de joke ?

Voilà donc un polar de quartier assez agréable mais qui aurait gagné à être plus nerveux et concentré.

Marc Suquet

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