La pire espèce

Agathe ANDRE, Richard MALKA, PTILUC, TIEKO

Vents d'Ouest, 2010
94 pages, 15 euros



Sur cette île perdue, s'échouent tout plein d'espèces animales perdues dans le naufrage de l'annexe de l'Arche de Noé. L'occupation de ces différents groupes est la politique.

Une vraie fable animalière sur la politique. Chacun de ces groupes représente une tendance : les bonobabos, ces singes qui vivent une sexualité totalement débridée, les ânes gauchistes du NPA (Nouveau Parti des Ânes !), généreux et parfois têtus, les hyènes féministes qui ont aidé les femelles à se faire respecter mais qui sont célèbres par leurs querelles... On y retrouve la femelle riche de l'île prête à dépenser un milliard pour son ami, un président très proche d'une présentatrice blonde, des loups philosophes et déprimés ou encore le parti nazillon des pitbulls. En cherchant bien on retrouve des citations proches de celles de quelque leader politique : "franchement j'ai rien contre les lémuriens, la preuve, mon banquier est lémurien...".

J'ai aimé cette satire de la politique, mettant en scène des animaux. Une Ferme des animaux, version comique. C'est dur, cynique et rigolo : en bref c'est du lourd, original, le tout emballé dans une quête, celle d'un morceau du vénéré bronzai qui sauvera Bonie du virus Zarako, celui qui fait s'exprimer ceux qui l'ont contracté, uniquement par citations un poil déconnectées de la conversation...

C'est sûr, dans l'histoire il y a Ptiluc, un coutumier des fables animalières avec la série Rat's. Mais l'album compte également sur la présence d'Agathe André, collaboratrice durant plusieurs années à Charlie et productrice à France Inter. Ou encore, Richard Malka, l'auteur de la face karchée de Sarkozy. L'époque est à la BD comique sur le monde politique. On comprend, à voir la pertinence de quelques politiques, que les humoristes soient actuellement inspirés !

La fin de l'album souligne l'origine des citations lues dans la bouche des animaux est révélée : de Lénine à JF Kahn, les références sont données au lecteur curieux. Un bon album dans lequel, finalement, tout le monde en prend pour son grade.

Marc Suquet

partager sur facebook :