Mémoire de sang

Yannick LETTY

Terre de Brume, 2002
coll. Granit Noir



Deux enquêtes sont menées séparément, où sont impliquées Margot, un ancien lieutenant de police devenu libraire et son amie Klervi. Un vieil homme a été assassiné sur le port de Brest, Monsieur Léon, un ancien résistant engagé dans une controverse sur le rôle joué par un prêtre autonomiste breton sous l'Occupation. Soupçonné de collaboration avec l'occupant, il a été exécuté par le Maquis. Monsieur Léon affirmait avoir écrit un livre où il révélait certains comportements troubles de cette époque, et voulait le faire lire à Margot. Livre recherché apparemment par des inconnus. Par ailleurs, la jeune libraire s'intéresse à une histoire qu'elle a lue dans le livre d'Anatole Le Braz, La Légende de la Mort, et qui date du siècle de louis XIV. Une jeune fille aurait surpris dans une église le diable violant une paroissienne et aurait été massacrée le lendemain. Curieuses de l'origine de cette légende, les deux amies se lancent dans une recherche pour déterminer quelle part de vérité recèle la gwerz qui la rapporte...

Yannick Letty mène donc parallèlement deux intrigues concernant deux périodes agitées de l'histoire de la Bretagne : le XVIIe siècle et la seconde guerre mondiale. L'époque actuelle étant représentée par la présence dans le port de commerce de Brest d'un bateau poubelle russe qui vient y faire relâche. Bien entendu, ces intrigues se rejoindront à la fin du roman. Roman par conséquent typiquement breton, bien que les êtres humains qui en sont les personnages apparaissent avant tout comme des hommes et des femmes avec leurs qualités et leurs faiblesses. Profondément et universellement humains, donc, et par là fort attachants. A chaque époque considérée, celle de Louis XIV et celle de l'Occupation, quelques salopards, des mous enfermés dans leurs faiblesses et beaucoup de victimes... Les enquêtes menées par Margot et ses amis sont pleines de surprises et de dangers, et le suspense est habilement maintenu jusqu'au bout. C'est de plus bien écrit et assaisonné d'humour, ce qui ne gâte rien. Peut-être peut-on reprocher à l'auteur l'extrême complexité des événements où le lecteur a quelquefois un peu de mal à se repérer. Ce n'en est pas moins un fort bon roman.

MGRB

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