La colline empoisonnée

Freddy Nadolny POUSTOCHKINE

Futuropolis, 2010
352 pages. 28 euros



Pas mieux que Marc : l'idée des deux récits entrecroisés était excellente, mais je ne suis pas convaincu non plus par la réalisation. Certains passages, sans doute oniriques, sont traités sur un mode réaliste qui ne fait qu'entraîner chez le lecteur une impression d'incohérence et de confusion. C'est dommage, car il ne manquait pas grand-chose pour faire de cette vision d'auteur un ouvrage formidable... Davantage de direction littéraire et artistique de la part de l'éditeur, peut-être ?
En revanche, j'ai beaucoup apprécié les différentes évocations de l'enfance. L'ambiance de la cour de récré est particulièrement bien rendue. On s'y croirait !
De même, et contrairement à Marc, j'ai trouvé très percutante l'image des oiseaux noirs, même si elle aurait mérité d'être mieux amenée dans l'histoire. Le procédé n'est pas sans rappeler celui auquel avait recours Shaun Tan dans Là où vont nos pères (big compliment inside). Dans le genre "un petit dessin vaut mieux qu'un long discours", c'est très réussi.
Reste un album méditatif à savourer tranquillement en s'imprégnant de la poésie des images et de la douleur des émotions distillées au fil des pages. C'est déjà pas si mal.

Louis Hervé

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