Les Magiciens

Lev GROSSMAN

L'Atalante, 2010
coll. La Dentelle du Cygne



Voici les aventures de Quentin, qui découvre à dix-sept ans qu'il est un vrai magicien. Il est sélectionné par une école de magie de haut niveau qui va le former pendant cinq ans avant de le lâcher dans la nature avec ses amis, quelques ambitions et pas grand-chose à faire si ce n'est boire, baiser et boire encore. Il n'est pas facile de vivre avec les autres quand on est si différent et qu'on doit le cacher.

La seule chose qu'il lui reste, ce sont ses souvenirs d'une série de livres merveilleux où des enfants découvrent un monde magique et y vivent de passionnantes aventures. Comme de bien entendu, un souvenir aussi fort ne peut pas rester seulement un souvenir.

Voilà en gros la trame de ce livre.

Bien sûr, le rapport avec un certain Harry aura sauté aux yeux de tous et c'est habilement noté au dos de la couverture par une citation du New York Times "Un Harry Potter pour adultes". (Cliquez sur le lien pour lire toute la critique.) Un peu de Narnia, un peu de Harry Potter, un peu de Donjons et Dragons et un soupçon de film de teenagers. Voilà le cocktail mis au point par Lev Grossman, qui utilise en plus régulièrement les mots "bite", "baise" ou "pipe" pour mériter le qualificatif de livre pour adulte.

La lecture est assez agréable dans l'ensemble et la répartition intérieure en quatre livres permet de bien séparer les époques et les influences de l'auteur.

Je ne sais que dire... Les influences sont plus que fortes. C'est à la limite du plagiat à certains moments. De plus, l'utilisation de "bite, couille" est souvent malvenue. Soit ce sont des ados qui parlent entre eux, et ils disent clairement ce qu'ils pensent, soit il faut faire plus subtil : "Mais vous avez vu sa bite ? Ce monstre était rudement bien monté." Il est vrai que c'est certainement la première chose que dit un magicien aventurier de vingt-trois ans alors qu'il vient de réussir à battre le monstre qui a tué l'un d'entre eux quelques instants auparavant.

J'aurais largement préféré un passage encore plus rapide sur l'école, pas d'aventure de Donjons et Dragons dans le monde de Narnia, et plus de profondeur dans la partie où les magiciens se retrouvent livrés à eux-mêmes dans la vraie vie sans réelle préparation. Ce moment où ils se posent des questions sur leur place dans la société. Où ils hésitent entre une oisiveté teintée d'expériences sexuelles et de drogues et une quête de perfection de leur magie. De plus, un certain nombre de pistes sont ouvertes de manière ultra-visible et jamais exploitées. Soit c'est un oubli de correction de la part de l'éditeur, soit une suite est à craindre.

Tout cela est vraiment dommage, car j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de certains passages pour tout perdre en quelques lignes le paragraphe suivant.

Roland Drover

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