Sarah Cole

Russell BANKS, Grégory MARDON

Futuropolis, 2010
80 pages. 17 euros



Une BD tirée d'une nouvelle de Russel Banks. Je suis fan de Russel Banks de longue date, et particulièrement de ses nouvelles, qui dépeignent l'Amérique des recalés du miracle tentant désespérément de s'en sortir sans, bien sûr, jamais y arriver ! Le tout sans complaisance. Les héros Banksiens sont particulièrement veules et mal embouchés. Eh oui ! la misère ne rend pas les gens meilleurs !
Lorsque l'on a compris cela, on peut attaquer un Banks ou cette BD fidèle à son univers (pas un soir de novembre pluvieux quand même !)

Le grand Russel himself nous livre dans la préface la genèse de cette histoire qu'il a écrite après une rencontre de hasard avec l'inspiratrice de Sarah. Il propose une version d'un conte renversé, où le prince doit embrasser la grenouille dans une réflexion sur la dureté de la condition féminine. Rien que ça !

Comme vous vous en doutez, ça ne finira pas bien, et je ne dévoile rien de bien mystérieux, puisqu'on s'en doute dès les premières vignettes ! Si je suis bien moins qualifiée que mes distingués collègues bédéphiles pour vous parler du dessin, disons qu'il emprunte à diverses nuances de gris et dépeint de manière poignante la solitude glacée des grandes villes (ou des petites, d'ailleurs !) avec une forme de tendresse pour le corps déchu de notre grenouille.

C'est très bon. On ne peut pas toujours rigoler non plus... Quant à moi je vous laisse, je vais me tirer une balle ! Coaa, Coaa !

Gaëlle

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