Le Camp des morts

Craig JOHNSON

Gallmeister, 2010
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides



Dans la chambre 42 du Foyer des personnes dépendantes de Durant, une petite ville du Wyoming, on découvre le cadavre de Mari Baroja. Walt Longmire, le shérif du comté d'Absaroka, apprend avec surprise que la victime a été, pour quelques heures, la femme de l'ancien shérif. La mort de Mari Baroja n'est probablement pas aussi naturelle que l'on pourrait le croire à première vue ! D'autres meurtres viennent rapidement compliquer l'affaire...

Le camp des morts est la deuxième aventure traduite en français, du fameux shérif Walt Longmire. Le livre mélange western dans le Wyoming, le comté le moins peuplé des Etats Unis, et polar. Le style de l'auteur ne manque pas d'humour. Le texte est ponctué de dialogues pêchus et savoureux.

Le héros est une figure : un shérif ronchon, un poil macho, ouvert à la culture indienne et plutôt sympathique. Et puis, un shérif qui cite Shakespeare, ca le fait quand même ! Il est entouré d'une galerie de personnages : Vic la séduisante adjointe au fort caractère, son pote à vie l'indien Henri Ours debout ou encore Dorothy, la patronne du p'tit restau du coin, sans qui le shérif se laisserait mourir de faim.

Originalité de ce polar : qui aurait pensé que des basques atterriraient au fin fond du Wyoming ou encore qu'il y aurait un Euskadi hôtel à Durant ? Cette immigration, dont j'avoue avoir découvert l'existence dans le livre de Craig Johnson, a commencé au début du XXe siècle et a concerné 8 400 individus. Elle explique la présence surprenante de Santiago Saizarbitoria, le petit nouveau de l'équipe du shérif, dont le nom a bien du mal à cacher l'origine.

On trouvera ici, une interview de l'auteur, traduite par Oliver Gallmeister, éditeur français de ce roman. Il y décrit son "Far far west". C'est un gars sympa, ce Craig Johnson, qui invite ses auditeurs à profiter du lit pliant de son salon !

Quelques points gagneraient à être développés : l'auteur évoque rapidement l'exploitation du méthane, trop rapidement peut-être. Mais aussi le lien avec les indiens dont on sent le respect que leur porte l'auteur, mais sans que ce sentiment soit approfondi.

Le camp des morts attire par sa galerie de personnages secondaires, son décor et son héros, le shérif Walt Longmire. C'est donc un bon roman mais qui manque parois un peu de suspense pour un polar.

Attention au naphatlène, c'est visiblement dangereux et ça n'est pas réservé à la lutte contre les mites !

Marc Suquet

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