La colline empoisonnée

Freddy Nadolny POUSTOCHKINE

Futuropolis, 2010
352 pages. 28 euros



Un jeune moine bouddhiste suit l'enseignement de ses aînés au Cambodge. Dans le même temps, un jeune habitant d'une cité française devient ami avec sa voisine, réfugiée cambodgienne et fréquentant la même classe que lui.

Voilà une forme originale, décrire différents destins d'enfants qui semblent à première vue bien éloignés. Le rythme est volontairement lent : cet album est un vrai roman illustré. Le souhait de l'auteur est clair : immerger par lentes couches successives le lecteur dans les vies des enfants. Le récit est fait de petits riens de la vie quotidienne : une interro orale en classe durant laquelle les copains aident bien discrètement la victime interrogée qui n'a bien sûr pas appris sa leçon, le jeune novice qui apprend à nouer sa robe de moine ou encore les jeux d'une cours de récré.

En arrière plan des scènes se déroulant au Cambodge, la prise de pouvoir par les Khmers rouges, le 17 avril 1975, bourreaux du peuple cambodgien et responsables de 1,5 à 2,5 millions de morts.

J'ai aimé la rencontre avec l'intimité des enfants et le caractère enfantin de leurs occupations : ainsi le jeune moine bouddhiste préfère-t-il jouer avec des papillons ou piquer le cerf volant de ses copains plutôt que d'écouter l'enseignement de ses aînés.

Le dessin est à dominante grise d'où ressort la seule robe orange du moinillon.

Mais l'ensemble me laisse une impression assez mitigée. Le lien entre les enfants et les histoires reste ténu et assez peu exploité comme l'est l'histoire du Cambodge. Quant au titre du livre, La colline empoisonnée, il fait référence à la prison de sécurité S21, où les Khmers rouges ont pratiqué tortures et exécutions entre 1975 et 1979. Mais il m'a fallu consulter Wikipedia pour connaître ces détails horribles : dommage ! Quant aux oiseaux noirs qui apparaissent dans les villes ou villages, on les imagine en lien avec les horreurs perpétrées par les Khmers rouges ?

On se lasse donc un peu trop rapidement de cet album qui aurait pu être une bonne idée mais qui en devient vraiment lent et long et qui dure 350 pages ! Bref, un essai qui ne m'a pas convaincu.

Marc Suquet

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