L'Age des corbeaux

JICE, PARNO

Vents d'Ouest, 2010



Vladimir principal est un écrivain raté, incapable d'aller plus loin que la première ligne de son roman. Dans un bar, un compagnon de beuverie, lui propose un nouveau destin, celui qu'il a toujours rêvé : la vie d'un écrivain célèbre. Vladimir se retrouve propulsé en haut de l'affiche, lui qui n'a jamais dépassé la deuxième ligne de son roman !

L'album est fait d'une situation fantastique : comment passer brusquement du statut d'incognito à celui d'écrivain connu par tous. Un statut qui évolue brusquement grâce à un "éditeur de destins" rencontré dans un bar. Ça peut paraître un peu fou, mais Vladimir va rencontrer d'un coup la gloire, l'argent, les femmes. Une vie qu'il ne pouvait qu'imaginer autrefois.

Et pourtant, l'écrivain reste réaliste face à son oeuvre qu'il n'a pas écrite : quelques passages cités par des journalistes déclenchent chez lui des remarques fort peu respectueuses sur ses propres écrits. La vie n'est donc pas toujours rose pour Vladimir lorsqu'on lui demande de commenter son travail. Et puis, la découverte de ce nouveau milieu de la célébrité le laisse un peu perdu.

Le thème de fond n'est pas original : le besoin de célébrité que recherche l'écrivain maudit. La galerie de personnages rencontrés par Vladimir durant ses pérégrinations nocturnes est assez sympathique : l'éditeur qui élimine sauvagement les manuscrits qui lui sont envoyés, les ronds de cuir de l'assurance passionnés par les modifications audacieuses des contrats, le chauffeur de taxi au caractère délicat, les bandits de la rue, des diablesses attifées au look de gavroche...

Le dessin à l'encre de Chine de Jicé est plutôt bon, les décors de ville à l'atmosphère assez noire, bien rendus.

La fin est profondément morale, l'éditeur de rêve soulignant le besoin de passion dans toute création sans penser à la célébrité. Un one shot agréable dans lequel on se laisse entraîner.

Marc Suquet

partager sur facebook :