Nation

Terry PRATCHETT

L'Atalante, 2010
448 pages. 19 euros



J'avoue dans ma jeunesse m'être cassé les dents sur le Disque-Monde avec le disque sur les tortues, le tout sur l'éléphant, ou les éléphants sur la tortue... Bref, même pour de la Fantasy, je trouvais ça un peu trop étiré du capillaire (mon côté psycho-rigide sans doute !)

C'est donc vierge en Pratchettisme que j'ai abordé celui-ci, et, ma foi, me voici tentée de rejoindre le culte pratchettien, moi qui déteste les chapelles ! Il paraît que les adeptes se réunissent a la pleine lune et dansent autour de cercles de pierre vêtus de capuchons psalmodiant des "Droulis, Droulas" endiablés, même que si on fait la même chose autour d'une patate ça guérit les verrues ! Enfin, on verra... (Qui verrue verra, ah ah !)

Nation nous raconte l'histoire de Mau et d'Emintrude, le presque roi et la presque reine. Mau revient de l'île des garçons, où l'attendent les siens pour mener à bien la cérémonie qui lui donnera l'âme d'un homme. Las, lorsqu'il revient il découvre son île dévastée par un tsunami, les siens morts ou disparus. Il a tout perdu, y compris lui-même, puisqu'il n'aura jamais d'âme. Mais le tsunami n'a pas fait que prendre, il a aussi donné lorsqu'il a catapulté au milieu de l'île un bateau et son unique survivante : une jeune lady anglaise d'ascendance royale. Tandis que peu à peu affluent de petits groupes de rescapés des îles avoisinantes, ces deux-là sauront surmonter leurs différences et feront des merveilles. Mau se fabriquera une âme cousue main et Ermintrude retrouvera celle que son affreuse grand-mère pétrie de convenances n'a jamais pu lui arracher.

Alors quid de l'aspect Fantasy me direz-vous ? Eh bien un petit peu quand même lorsqu'on y croise des dieux bavards, un bestiaire comprenant des oiseaux dégobilleurs, des pieuvres arboricoles, des cocotiers tueurs, un perroquet mal embouché et j'en oublie !

Mais il est surtout question d'amitié, de tolérance, de grandir, de protèger les siens, de chercher des réponses autres que celles qui nous sont assénées, de trouver un sens à sa vie, et surtout de traite de truie !

En conclusion, ça m'énerve un peu d'en convenir mais c'est vraiment très bon. Allez, je vais mettre mon capuchon. Drouli ! Droula !

Gaëlle

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