Nation

Terry PRATCHETT

L'Atalante, 2010
448 pages. 19 euros



C'est aujourd'hui le grand jour pour Mau. Il rentre chez lui après avoir survécu à un mois sur l'île des garçons. Et non seulement il a survécu mais il en revient car "l'important dans l'île des garçons c'est d'en partir. On y laissait son âme de garçon et on recevait celle d'un homme une fois de retour dans la Nation". Mais c'est sans compter le raz-de-marée qui va tout emporter sur son île, la population, les cabanes et son âme déposant dans son sillage le Sweet Judy, navire anglais, et sa seule rescapée, Ermintrude, jeune fille de très bonne famille. Totalement coupés de tout ce qui représentait leur monde (leurs traditions, leurs coutumes, leurs langues...) ils vont reconstruire leur Nation avec l'aide de Milo, Pilu, Mme Gargouillis et du vieil Ataba. Mais avec ou sans l'aide de Dieu ?

Tout le monde connaît (en tous cas je l'espère) l'univers résolument fantastique des Annales du Disque-Monde ou du Grand livre des gnomes de Terry Pratchett, livres présentant un regard aiguisé sur les grandes questions de notre monde au travers d'aventures complètement déjantées. Dans Nation, Terry Pratchett adopte un ton plus "sérieux", avec la volonté déclarée de pousser le lecteur à se questionner sur notre monde "réel" : qu'est ce qu'une nation ou, mieux, une nation civilisée ? A quoi tient-elle ? Dans cette création, doit-on y intégrer le passé ou seuls le présent et l'avenir comptent-ils ? Peut-on se passer de Dieu et la volonté de ne plus y croire suffit-elle ? Enfin et surtout faut-il chanter, pour distiller une bonne bière, seize fois "bêê, bêê, le mouton noir" ?
Ce roman est une nouvelle fois foutrement bon, monsieur Pratchett. Alors, enfants, ados mais aussi (et surtout) adultes, laissez-vous emporter et...

"Vivez pour ces instants-là ! Ils vous maintiennent en vie ! Il n'existe pas de meilleur remède que découvrir que l'on s'est trompé ! Qu'est-ce que ta mère t'a mis dans la main quand tu es né, jeune homme ?
- Euh... un télescope en bois, monsieur. Pour que j'aie envie de voir plus loin...
- Bien, bien, et toi, jeune dame ?
- Un bernard-l'ermite bleu, monsieur. Pour que je n'accepte aucune coquille." (p. 431)

Annecat

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