Et la mort se lèvera

Jacques Olivier BOSCO

Jigal, 2010
coll. Polar



Maria est morte d'une overdose. Pas de chance car Maria, c'est la fille de la famille Ranzotti, qui fait quelques affaires sur la côte...  La vengeance mise en place par la famille aboutit à une horrible bavure : le meurtre d'une mère et de sa fille. Lucas, dit le Maudit, ne laissera pas ce meurtre impuni.

Le lecteur est d'emblée plongé dans une ambiance de famille, pas celle d'une quelconque famille mais plutôt de LA famille. De celles dont on parle avec une voix un peu essoufflée mais aussi avec respect et les larmes dans les yeux. Et pourtant, on est pas ici dans la famille de Don Vito Corleone, mais dans celle de son équivalent niçois, la famille de Franco Ranzotti, dont on peut prononcer le nom avec l'accent même si l'histoire se situe en France. Dans une région où "l'on plante d'un coup de couteau à cause d'un regard" et où l'on nage dans le fond "une paire de palmes en béton aux pieds".

Jacques Olivier Bosco décrit parfaitement le milieu : normal, son grand père, barbier à Palerme, aurait rasé avec maladresse un mafioso local, rendant indispensable une fuite vers l'Algérie. Entre-temps, l'auteur a publié une dizaine de nouvelles avant ce premier polar.

La galerie de personnages est haute en couleurs : les deux frères de Franco (Guiseppe, qui s'occupe d'un gros restau et Dante, grossiste en alimentation) ; Tony, qui joue les gros durs ; Vittorio et Fino, deux pros en rachat d'affaires mais qui savent également "taquiner de la mitraillette" ; ou encore Dantino, l'espoir de la famille. Dans les hommes de main, La Jugule doit son nom à sa maigreur et à son grand cou. Bref, un clan comme on les imagine ! Et pourtant, l'histoire de la famille, même si elle est intéressante au départ, est un peu longue et, en début de roman, le lecteur est en manque d'action. L'histoire principale finit par être noyée et, vers le milieu, le livre patine un peu.

Fort heureusement, la fin est beaucoup plus "pêchue". La vengeance de Lucas, sa stratégie pour gagner la confiance de la famille et son plan machiavélique qui manipule la pièce faible de la citadelle familiale donnent un rythme plus enlevé au bouquin. Mais c'est un peu dommage qu'il faille attendre le dernier tiers pour être captivé par cette histoire. Jacques Olivier Bosco émaille son récit de détails locaux (les vols de sacs en scooter à l'aéroport), mais aussi des quelques embrouilles politiques qui donnent à la région sa jolie couleur locale. Et la mort se lèvera est un polar imprégné de son décor et qui aurait gagné en puissance à être un peu plus court.

Marc Suquet

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