Carotide blues

Ludovic ROUBAUDI

Timée, 2008
367 pages. 17 euros



C'est le premier volume des Chroniques de Ouang Schock (on a déjà parlé du second ici) et je l'ai trouvé un peu moins bon que Diablo Corp.
Le personnage principal est Ashrelle Vren, une journaliste, spécialisée dans les crimes de sang, qui se voit proposer une enquête sur le trafic d'organes. La proposition émane de Jonas Quinte, l'homme à qui appartient la majeure partie des médias de la cité-état (dont la chaîne pour laquelle travaille l'héroïne), qui est aussi l'homme politique au pouvoir dans l'étrange système qui régit Ouang Schock. Si le reportage voit le jour dans les délais, la carrière d'Ashrelle fera un bond en avant et c'est la seule perspective qui l'intéresse au premier abord. Dans un second temps, elle y voit aussi l'occasion de sauver son père : il est dans le coma et voué à une mort prochaine si une greffe rein/poumon n'est pas disponible dans les plus brefs délais.
Ashrelle enquête donc et on la suit dans ses pérégrinations dans les milieux de la police (Wayne Cassidy, héros du deuxième opus est l'une de ses conaissances) et de la pègre, du simple malfrat exécuteur des basses oeuvres aux trafiquants en tous genres sans oublier les délinquants en col blancs.
Si notre héroïne est totalement dévouée à son reportage, elle ne se pose par ailleurs aucune question sur les bénéfices qu'en escompte Jonas Quinte alors même que la campagne électorale pour le pouvoir suprême bat son plein et que pour la première fois depuis des années, le pouvoir pourrait changer de mains.
C'est sans doute ce qui m'a le plus dérangé, l'aveuglement d'Ashrelle qui ne se demandera si elle n'est pas manipulée qu'à la toute fin de son enquête, j'ai attendu sa prise de conscience de la situation sans pouvoir croire à tant de naïveté pendant tout le livre.
Ce qui est par contre très intéressant dans la construction du livre (c'est aussi vrai du deuxième volume, même si j'avais oublié d'en parler), c'est l'insertion dans le récit de transcriptions d'écoutes téléphoniques réalisées par les services de police qui permettent de deviner des aspects de l'intrigue autrement passés sous silence. Dans le même genre, les chapitres sont émaillés de compte-rendus de journaux télévisés, une courte suite de brèves qui donnent de la consistance au monde imaginé par l'auteur.
Au final, un bouquin pas mauvais mais pas exceptionnel non plus.

Benoit Furet

partager sur facebook :