Cap sur l'Armageddon

David WEBER

Bragelonne, 2010
coll. SF



De la science-fiction ? oui mais pas tout à fait. De la fantasy ? non plus, enfin peut-être un peu, mais pas vraiment : la plupart des codes du genre sont absents. Le seul qui soit très (trop ?) présent est celui des noms de personnages alambiqués avec beaucoup trop de consonnes.
Ca commence comme un bouquin de SF standard : l'humanité a essaimé dans les étoiles et se trouve confrontée à une race d'extra-terrestres belliqueuse (les Gbabas) qui refuse toute communication et semble s'être donné pour but de nous éradiquer.
Submergés par le nombre, les humains voient pointer l'extinction de leur espèce et lancent alors le projet Arche : une flotte de colonisation est envoyée dans le plus grand secret vers une destination très lointaine pour établir un sanctuaire où la race humaine pourra survivre.
Le problème qui se pose est que les Gbabas peuvent repérer les colonies humaines grâce aux émissions générées par leur technologie. Il faut donc établir une nouvelle civilisation pré-industrielle et s'assurer qu'elle le restera.
La solution choisie par les dirigeants du projet est de recréer les souvenirs des colons en y implantant un système de croyances qui interdira l'émergence des technologies dangereuses.
Cela passe malheureusement par la divinisation des meneurs de la colonisation et une partie de l'équipe s'y oppose : en plus des problèmes éthiques suscités, cela laisse dans l'ombre la menace extra-terrestre et ne préparera nullement la colonie à affronter ce danger. Le conflit qui en résulte va sceller la destinée de la nouvelle civilisation ou presque.
Quelques centaines d'années plus tard, les responsables du projet ont disparu et la colonie vit dans un monde ressemblant à celui de la fin de notre Moyen Age. C'est alors que Nimue Alban, une survivante du groupe d'opposition se réveille et comprend que, désormais seule de son espèce, il lui appartient de faire évoluer la colonie pour en extirper la technophobie et la lancer sur les traces de l'humanité originelle.

Comme dans ses autres bouquins, Weber nous propose une intrigue où la politique et la guerre (qui n'est après tout qu'une extension de la diplomatie et donc une forme particulière de politique) tiennent la plus grande place. On suit avec intérêt l'évolution de la situation politique vue par les yeux des différents protagonistes avec son compte d'espionnage, de complots, de trahisons...
Le style de l'auteur reste identique, c'est rythmé, il y a quand même pas mal d'action et on ne s'ennuie pas le moins du monde, je trouve même que son écriture est plus resserrée que dans les dernier volumes d'Honor Harrington (où certaines scènes sont totalement dispensables). Le seul reproche est celui que je faisais au début de ma chronique : les noms des personnages sont totalement improbables et ne peuvent que difficilement être prononcé par un larynx humain.
J'ai dévoré ce volume et j'attends avec impatience la suite.
NB : c'est le premier tome d'une série mais pour autant, l'auteur a la délicatesse de bien terminer son premier tome sans trop nous laisser dans l'expectative et c'est sympathique de sa part, d'aucuns n'ont pas cette politesse.

Benoit Furet

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