Frère Ewen

Pierre BORDAGE

L'Atalante, 2007
La fraternité du Panca, Tome 1
446 pages. 21 euros



Je ne vais pas résumer le livre, Marion s'en est chargé avec brio (comme d'habitude) ici, mais en ce qui concerne l'appréciation dudit livre, nos avis divergent.
J'ai trouvé que la psychologie des personnages n'était pas assez fouillée, sans même parler du fait que ce sont tous des archétypes de ce genre de littérature : le héros malgré lui qui geint son "pourquoi moi ?", les méchants voués au meurtre (dont certains ne sont pas des vrais méchants et se repentent lors de leur agonie) ...
C'est loin d'être subtil, les gentils sont résolument gentils, au point d'être niais, et les méchants sont tellement méchants qu'ils en oublient d'avoir un cerveau.
Les péripéties sont convenues, on s'attend au dénouement dès le départ du héros. L'ensemble baigne dans un mysticisme irritant (c'est pas mon truc les mystiques) et, s'appuyant sur ce ressort, l'auteur balaie des contraintes techniques ou sociétales qui auraient du faire capoter son scénario.
Par exemple, le héros, arrêté par la police (pourtant dite toute puissante) d'un planétoïde, en assassine le chef et s'enfuit "tranquillement" puis passe plusieurs jours dans l'astroport sans que l'on puisse retrouver sa trace (et sans même qu'il s'en inquiète plus que ça !). Un dernier contrôle lors de l'embarquement pourrait le faire reconnaître mais il est sauvé par un jeune enjôleur (comprendre magicien) qui le soustrait à l'attention.
Le récit est truffé de ce genre de retournement où il semble que le hasard n'existe pas, le bon samaritain est toujours là au bon endroit au bon moment, c'est facile et ça nuit terriblement à la vraisemblance à moins d'adhérer à l'ambiance mystique : il n'y a pas de hasard, tout cela est écrit, chaque personnage a sa destinée et nul obstacle ne peut en venir à bout, bla bla bla.

J'ai du me forcer tout au long des quelques 450 pages pour ne pas lâcher ce bouquin et ça m'a suffit : je ne lirai pas les tomes suivants de la série et je me souviens maintenant pourquoi j'ai arrêté de lire du Bordage depuis 10 ans.

Pour finir, une petite citation, juste pour rire : Les mots sont impuissants à décrire l'indicible ... (p. 288)
Et Monsieur Bordage n'a pas peur des tautologies ;-)

Benoit Furet

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