Balade balade

KOKOR

Vents d'Ouest, 2010
117 pages. 12 euros



Notre planète est à vendre. Un unique acheteur potentiel se présente. Il exige une chose : Faire la découverte de cette planète à dos de cheval. Il sera guidé dans son périple par Sullivan Vilette. Pendant que le voyage est retransmis en direct à la radio, nous voyons la vie se dérouler sous nos yeux. Une vie pas forcemment agréable, mais c'est la vie, avec sa violence, ses coups de blues, ses joies. De l'autre côté, nos deux compères continuent la balade.

Amis du concret, du scénario simple, de la couleur, passez votre chemin. Balade balade est un album à prendre au pied de la lettre. Nous nous baladons avec nos héros sur la surface de la terre. Que leurs péripéties soient de voir des fantômes ou de manger une pomme, c'est normal... Il n'y a pas de quoi s'affoler. Et si cette aventure vous fait penser à Don Quichotte, vous n'avez pas tort ; Sancho Pança serait un acheteur très calme, tandis que le guide, par sa fonction de vendeur, serait un Don Quichotte.
Entre leurs aventures, des interludes de nos vies : réparation de voiture, réunion familiale, jalousie envers une femme. Le train-train habituel, mais Kokor arrive à le transformer en extraordinaire.
Tout ce qui maintient ces deux récits, est la narration continue du vendeur. On l'entend à la radio, puis par sa voix... De là à dire que l'auteur nous balade, il n'y a qu'un pas, que je franchis.

Le noir et blanc va très bien à ce récit, presque contemplatif. Il suffirait de ne pas se laisser aller pour refuser en bloc cette rêverie. Le trait est lui aussi évocateur : encrage noir pour la réalité, gris pour la rêverie, pour la balade, comme si elle pouvait s'effacer d'un coup.

Il n'est pas facile de se laisser bercer par cet album. Mais une fois qu'on est dedans, on se laisse entraîner à la suite de Kokor. Finalement, notre petite planète n'est pas si mal que ça. Nos petits maux quotidiens ne valent pas qu'on s'en plaigne.

Temps de livres

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