Soeur Ynolde

Pierre BORDAGE

L'Atalante, 2008
La fraternité du Panca, Tome 2
444 pages. 21 euros



La fille de frère Ewen est la deuxième actrice de cette mission à l'échelle de l'univers pour contrer les soldats du chaos. Elle a réussi à rejoindre à temps son père sur Phaïstos et récupérer le précieux amnâ. Contactée par la fraternité pour se rendre à son tour dans le système lointain de Tau du Kolpter et rallier le troisième frère, Ynolde se lance en secret dans les méandres des tunnels d'énergie noire qui lui permettront de se rendre rapidement à son but. Toute avance prise sur ses ennemis augmente ses chances de succès et par là celles de la fraternité pour contrer la menace galactique. De leur côté, les serviteurs du mal recrutent ce qui se fait de mieux comme chercheur-tueur en la personne des disciples du Thanaüm. Ce sont des maîtres assassins qui ont une volonté et un entraînement quasi surhumains, avec un code d'honneur strict qui leur fait donner la mort dans le respect de la vie, avec grâce et droiture. Silf le Jnandiran, le meilleur d'entre eux, est chargé de se rendre dans Tau du Kolpter tandis que ses condisciples s'égaillent sur d'innombrables planètes. Dès lors s'engage une course contre la montre entre Ynolde et le jeune assassin pour rejoindre en premier le troisième maillon de la chaîne. Chacun animé par le même souffle, le même élan avec des buts pourtant contraires. Un affrontement qui va prendre des allures mythologiques ...

Ce deuxième tome tient les promesses du premier. Le récit captive toujours, et si on ignore de la même manière que dans le premier opus comment va fonctionner à la fin la chaîne pancatvique et la nature de la menace qui plane sur l'univers, on n'est cependant pas déçu du déroulement de la reconstitution du guerrier ultime. Là encore l'amour est au rendez-vous et a une bonne place dans la vie des différents protagonistes de l'histoire. La nostalgie poignante des différents amants renvoie au tragique accident qui a coûté la vie à la compagne de l'écrivain, ceci n'étant pas sans rapport avec cela. Quel bel hommage que celui rendu par PB à sa chère disparue, en faisant de son livre un hymne à l'amour par delà la mort, à l'union de deux êtres résistant aux aléas de l'existence. La grâce de l'héroïne illumine comme le dit si bien le quatrième de couverture le récit et la pureté qui anime son rival n'est pas un moindre atout de l'histoire. Qui aurait pu croire que le terme d'assassin pourrait revêtir une telle aura de respectabilité et d'honneur ? Le dénouement de l'affrontement de ces deux êtres d'exception est un ravissement pour le lecteur et le fait se jeter directement sur le troisième tome, Frère Kalkin.

Marion Godefroid-Richert

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