On me l'a enlevée

Séverine LAMBOUR, Benoit SPRINGER

Vents d'Ouest, 2010
47 pages. 13 euros



Je ne reviendrai pas sur le sujet de la BD, confer la chronique de Marc précédemment publiée.
Effectivement, un bel exemple de BD humaniste sinistre. Je suis d'accord avec l'avis de notre éminent chroniqueur conchylophile, belle correspondance des couleurs, belle expressivité des visages et justesse des avis des différents protagonistes et témoins du drame. On s'y croirait, y compris dans les relents saumâtres des différents soupçons sur l'étranger nouvellement arrivé dans la communauté, les doutes sur la paternité du géniteur de la petite disparue, les différentes appréciations sur la mère de cette dernière. Quelques frissons descendent le long de l'échine à la lecture de cette sentence ô combien entendue et dans diverses circonstances: "c'est si facile d'avorter maintenant" ... Argh ! Impossible à entendre dès qu'on a un QI un poil supérieur à celui d'une huître. D'où la justesse du ton des deux auteurs. Un aussi bon cru que le fut l'année dernière la publication d'un autre récit aux couleurs de fait divers, Je mourrai pas gibier d'Alfred, chez Delcourt. On ne peut que saluer le travail d'édition qui permet aujourd'hui à de jeunes auteurs inconnus (du moins de ma petite personne) la publication de travaux intimistes et personnels, pas franchement dans une veine commerciale.

Marion Godefroid-Richert

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