Anasdahala (Malhorne, T. 3)

Jérôme CAMUT

Bragelonne, 2005



" Pourquoi Malhorne n'est-il pas resté ? Lui aurait su quoi faire. Mais il ignorait jusqu'à l'existence de l'Aratta. Il n'en avait qu'une connaissance intuitive. Il avait découvert au cours de ses vies que l'eau était un lien. Mais il n'avait pu comprendre ce qu'elle liait.

Le trait d'union des mondes.

Malhorne s'est trompé.

Moi qui l'ai cru des années pratiquement omniscient.

Il n'a été que l'interface confuse d'un secret bien plus grand encore. " (p. 424)

Jérôme Camut avait déjà fait très fort avec les deux premiers tomes de la série. Et pourtant, nous n'avions encore rien vu ! Avec Anasdahala, la série des Malhorne (désormais annoncée comme une tétralogie) se fait encore plus ambitieuse, de plus en plus riche et passionnante. Ne dévoilons rien ici de ce que l'on apprend dans ce volume, c'est totalement inattendu, complètement différent de ce à quoi l'on aurait pu s'attendre. La série bascule en effet de plus en plus vers la science-fiction, genre dont l'on ne retrouvait pourtant jusque là que peu d'éléments. Décidément inclassable, cette série, comme on les aime !

Outre une intrigue foisonnante, l'une des choses les plus surprenantes de ce troisième tome est le traitement dont bénéficient les personnages, que l'auteur réussit tour à tour à nous faire aimer ou détester, suivant le point de vue. Ainsi, découvrant davantage sa psyché, l'on se prendrait presque à apprécier le richissime autant qu'ignoble Denis Craig, pourtant coupable de bien des atrocités ! De même, le jeune Milos, cordialement détesté par Ilis, nous paraît tout ce qu'il y a de plus insupportable lorsqu'il est à son contact, pour gagner notre sympathie dès qu'il se retrouve en compagnie de personnages nourrissant moins d'animosité à son égard. Extrêmement déroutant et tout à fait réussi, cet exercice de style ajoute encore un attrait indéniable à ce roman qui n'en manque pas.

Le quatrième tome devrait conclure cette série. Inutile de dire avec quelle impatience il est attendu...

Mikael Cabon

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