Le Monde enfin

Jean-Pierre ANDREVON

Fleuve Noir, 2006



Dans un futur très proche, suite à une épidémie aussi virulente que foudroyante, l'humanité se retrouve décimée. Bien plus que décimée, même : seul un individu sur mille a survécu. Coup de grâce : les femmes épargnées sont toutes stériles ! La nature envahit les grandes villes, recouvre les traces de l'occupation de la Terre par les Hommes... Les animaux circulent à nouveau librement... Trop peu nombreux pour s'organiser en une société nouvelle, les personnes immunisées tentent de se regrouper en petites communautés ou de survivre par leurs propres moyens...

Roman post-apocalyptique dans la plus pure tradition du genre, Le Monde enfin se révèle particulièrement catastrophique, tant l'humanité est mise à mal dès les premières pages. L'auteur semble même se réjouir de voir l'humanité s'effacer (" enfin ", comme annoncé dans le titre) définitivement devant la nature. L'on sent chez lui un certain cynisme dans cette description des derniers jours de l'humanité, une délectation à voir les derniers hommes se débattre pour survivre. Pourtant, ce cynisme finit par s'effacer au fur et à mesure que l'auteur nous fait découvrir ses personnages. S'il en veut manifestement à l'humanité de ne pas avoir su préserver sa planète, l'auteur n'en reste pas moins philanthrope et c'est effectivement avec un certain humanisme qu'il nous conte, sous la forme de courts récits successifs, étroitement imbriqués, les efforts de quelques survivants pour s'adapter à ce nouveau monde. Certains de ces récits sont particulièrement poignants, tels celui de cette femme qui cherche désespérément à rencontrer un homme susceptible, contre toute évidence, de la féconder. Magnifique également, l'histoire de cette petite fille élevée par des rats...

Sévère avertissement, Le Monde enfin n'incite guère à l'optimisme, mais laisse toutefois entrevoir une petite lueur d'espoir : peut-être chacun d'entre-nous, sans compter sur nos gouvernements, desquels l'on ne saurait plus rien attendre en la matière, peut-il faire un petit quelque chose pour sauver la planète...

Un roman inoubliable, voué à bousculer les consciences, en espérant que la réalité ne rejoigne jamais la fiction...

Mikael Cabon

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