Le ciel au dessus du Louvre

Jean-Claude CARRIERE, Bernard YSLAIRE

Futuropolis, 2009
72 pages. 17 euros



8 août 1793, autrement dit 15 fructidor de l'an I, le Louvre, premier musée de la Nation est inauguré. David, le peintre de Marat assassiné, essaye de représenter l'Etre suprême, que Robespierre, ami de David, souhaite imposer.

C'est la quatrième fois que le musée du Louvre demande à un auteur d'illustrer ses collections grâce à la BD. L'association Yslaire/Carrière apparaissait prometteuse : le premier (il faut aller voir son site, c'est superbe), auteur des Sambre, XXe siècle.com ou encore le ciel au dessus de Bruxelles et le second, écrivain et scénariste (de 58 films quand même entre 1965 et 2009 dont le merveilleux Cyrano de Bergerac de Jean Paul Rappeneau) est particulièrement bien choisi puisque scénariste en 1983, du Danton d'Andrzej Wajda !
Côté auteurs, c'est donc du lourd. La réalisation est intéressante côté historique, rappelant l'origine du Louvre, le rôle de David et la folie de Robespierre qui souhaite imposer l'Etre suprême, culte rationnel au but avoué "de développer le civisme et la morale républicaine".
Le parti pris des auteurs est de choisir l'angle du modèle, un jeune ukrainien, choisi par David pour donner un visage à l'Etre suprême. La remarque de Carrière sur cette fête est intéressante : "Imaginons que nous soyons athées et que nous ayons le pouvoir. Est ce que nous supprimons la religion ou pas ? Tous les régimes qui s'y sont essayés se sont cassés les dents. Je pense au régime soviétique, par exemple. Robespierre le sent parfaitement. Il a l'obsession de satisfaire cette demande". J'ai donc aimé l'approche du sujet, informative, originale et intéressante. L'ensemble est un peu long et les interrogations de David sur la représentation de l'Etre suprême parfois redondantes.
Le dessin est assez beau mais les visages restent souvent enfantins ou caricaturaux, ce qui est surprenant. La teinte générale est assez pâle, laissant ressortir les tableaux du Louvre en couleurs qui y sont insérés.
L'album est donc intéressant mais un peu long.

Marc Suquet

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