Galateia Negra

Luc CALVEZ

Dominique & Luc Calvez, 2005



Importateur d'objets d'art, Loïck recherche au Brésil la perle rare, la pièce qui supplantera tout ce que son ex-femme pourra trouver de son côté. Or, sa rencontre avec la mystérieuse Galateia lui permettra peut-être, d'une façon détournée, de remporter cette étonnante compétition. En effet, son ami Pygmalion, un artiste-peintre aussi malhabile que talentueux, cherche à peindre la femme idéale, mais se trouve fort gêné dans cette tâche par sa misogynie patente et maladive. Loïck lui donne alors, sans véritablement s'en rendre compte, quelques conseils qui aboutissent à un éblouissant portrait... de cette fameuse Galateia. Pygmalion s'éprend alors d'une troublante façon de sa création, ou peut-être de son modèle, alors que Loïck en vient à réaliser à son tour que Galateia ne lui est pas non plus indifférente.

Or, la jeune femme lui a confié une vision qu'elle a ressentie lors des dernières fêtes de la Saint-Jean, celle d'un homme inconnu aux cheveux blonds, sur fond de mer immense, étonnamment blanche. Le jour où un homme blond se présente à elle, elle disparaît à sa suite.

Loïck se lance alors à sa recherche dans un véritable paradis terrestre qui recèle pourtant ses zones d'ombre...

Galateia negra est l'oeuvre d'un véritable amoureux du Brésil. Loin de n'être qu'un " roman-carte postale ", ce livre nous offre quelques instantanés de ce pays de manière impressionniste, par petites touches, à grand renfort de tranches de vie et de souvenirs pleins de couleurs, de sons et de parfums. Cela sent le vécu et donne une perception très personnelle d'un Brésil vu de l'intérieur. L'on rêve avec l'auteur de ces jangadas dont les Brestois se souviennent pour avoir donné à la rade des couleurs insolites lors des fêtes maritimes de 2004... Les personnages secondaires sont savoureux, telle cette femme truculente qui craint son mari jaloux, alors qu'il est en fait plus volage qu'elle-même le sera jamais... L'intrigue est parfois un peu confuse, tant l'accent est mis sur les songes et les impressions fugaces des personnages mais la lecture de ce roman poétique, intime, reste des plus agréables, d'autant que l'écriture de Luc Calvez se révèle très belle, travaillée, mais sans artifices inutiles. Le lecteur s'amusera à déceler les nombreuses allusions à divers mythes, le plus évident restant celui de l'amour de Pygmalion pour sa création. Une bien jolie parenthèse dans l'oeoeuvre policière de Luc Calvez.

Mikael Cabon

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