L'infante du Rock

Romain SLOCOMBE

Parigramme, 2009
270 pages. 15 euros



Alain Gluckheim, Glucose de son surnom a écrit, il y a 20 ans, des paroles pour des chansons du groupe Rock, les Mona toys. Il s'est aujourd'hui reconverti dans l'écriture de polars et dans la fonction de guides pour touristes japonais. Mais son passé va resurgir, par l'intermédiaire de son ami, Takao, qui lui demande d'urgence son aide. Takao était journaliste mais aussi, bien proche d'un yakuza. Glucose retrouvera Takao égorgé dans un parking.

Voici le 3ème roman paru dans la nouvelle collection Noir 7.5 Parigramme. Décidément une bonne collection puisque le Lalie Walker, Aux malheurs des dames, s'est révélé tout à fait prenant.  

Un Slocombe sans Asie, c'est ma foi difficilement imaginable : l'auteur avoue une vingtaine de voyages en 10 ans ! Et ce nouveau polar ne déroge pas aux règles. La fascination de Romain Slocombe pour le Japon est toujours présente dans cette dernière livraison. Mais la voilà largement transformée par l'air de Paname : la chanteuse du groupe de rock, Mona Granados, dont le corps a été retrouvé dans la Seine en 1992, vient tout juste d'être aperçue dans les rues de Pigalle.

Ce nouveau roman soulève le voile sur des milieux très "border line", des clubs échangistes de Pigalle aux caves du révérend Azariel, un gothique sataniste assez extrême, en passant par un DRH videur rapide et sans complexe, le lecteur flirtera, grâce à Romain Slocombe, avec des caractères marqués. Entre le lycéen qui vide discrètement deux pipettes de Bromadolone sur le steak de son prof qui en mourra en pleine digestion et les trips sous acide, à la conclusion mortelle, des membres du groupe Mona toys, Slocombe ne fait pas non plus dans le "fleur bleue". Il faut accepter d'être un peu dérangé par ses personnages et les milieux fréquentés pour apprécier les écrits de Roman Slocombe : qui connaît l'auteur sait que ses bouquins sont loin de suivre un long fleuve tranquille. Dans Mortelle résidence, le lecteur croisait nazis, pédophiles, templiers ou encore Pinochet lui même : pas que des enfants de coeur dans les colonnes de Slocombe !

On apprécie assez les 150 premières pages pour leur description de ce Paris original que semble bien connaître l'auteur, mais tout en se demandant où tout cela va mener le lecteur. Seule, cette première partie serait insuffisante. Mais dès la 2e partie, le rythme s'accélère, se polardise et l'on saisit mieux l'approche descriptive de cette première moitié.

Le livre est construit de 20 chapitres et comporte de nombreux retours dans le passé, révélant l'histoire complexe de Glucose. Monté en deux parties, ce nouveau roman de Roman Slocombe se laisse découvrir lentement dans sa première partie et entraîne le lecteur, dès la page 146 dans un suspense qui ne le lâchera plus.

Marc Suquet

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