Comment se débarrasser d'un vampire amoureux

Beth FANTASKEY

Librairie des Champs Elysées, 2009
16 euros



Je ne reviendrai pas sur le synopsis du livre, si parfaitement mis en lumière par Anne-Catherine la divine. Tout au plus puis-je ajouter deux précisions de taille : Jessica adore les chevaux et ses parents adoptifs sont végétariens. Là je vous entends vous demander in petto où je veux bien en venir. Et bien c'est simple : ça cible assez précisément la catégorie visée/visable par l'auteur, soient les jeunes filles en préfloraison de 10 à 14 ans. Les donzelles ne pourront que frémir de compassion à la lecture des nourritures terrestres dont se repaît l'héroïne du titre (un exemple page 332 où on apprend que le gâteau d'anniversaire de ses 18 ans est composé de sirop de riz, de lait de soja et de compote de pommes sans sucre). Elles seront également secouées d'une envie féroce en apprenant que Jessica a en sa possession une magnifique jument appaloosa avec laquelle elle brille au concours local de saut d'obstacle. Et puis le père de Jessica aussi, incapable de se résoudre à supprimer toute portée de chatons égarés sur son domaine, qui les adopte systématiquement. Ce n'est pas précisé dans le livre mais on voit bien qu'à ce régime, il doit y avoir approximativement une centaine de chats en liberté dans la ferme ; bonne nouvelle pour les vampires, êtres d'une sensualité exacerbée, mauvaise nouvelle pour les rongeurs du coin.
Enfin bon, le récit se ponctue ça et là de poussées hormonales et de sautes d'humeur très adolescentes qui raviront les ados, et captiveront moins les soeurs aînées et mères de ces veinardes abreuvées de dégoulinances Stéphenie Meyer-iennes. Làs ! On ne peut prétendre que l'objet de cette chronique est mauvais, on regrettera juste le temps qui passe et nous éloigne des roses rivages de la puberté qui auraient pu trouver leur content dans cette prose très classique et un peu mièvre. A réserver aux émois printaniers donc.

Marion Godefroid-Richert

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