La mort a ses habitudes

Susan HILL

Robert Laffont, 2009
363 pages. 21 euros



Quatrième tome des enquêtes de Simon Serrailler, La mort a ses habitudes prend de nouveau place à Lafferton. Simon doit se démêler d' une histoire sinistre de jeune épousée assassinée sans que le début d'une piste ne montre le bout de son nez. La jeune femme était sans histoire, son mari tout neuf est anéanti de telle manière que le soupçon s'écarte vite de sa petite tête endolorie. Qui peut bien être le tueur ? La vérité menace d'être difficile à découvrir, d'autant que dans la vie personnelle du commissaire de choc tout est loin d'être rose. Alors que Cat, sa soeur adorée et sa famille reviennent enfin d'Australie pour se réinstaller dans leur maison, Chris tombe malade. Son beau-frère est atteint d'un cancer cérébral rare dont on ne réchappe que fort peu. Et pour couronner le tout, son père a une nouvelle femme dans sa vie, un an "à peine" après la mort de sa mère. Mais bientôt s'ajoute à cette longue liste de tracas un double assasinat devant une boîte de nuit, deux jeunes femmes qui se rendaient à un enterrement de vie de jeune fille. Le tueur en aurait-il après les futures, actuelles, ex-épousées ? Ca fait beaucoup de monde à protéger et peu voire pas de coup d'avance pour le super-enquêteur dans une partie d'échec engagée avec un tueur méthodique qui ne laisse pas de place à l'erreur.

De multiples histoires s'entrecroisent et l'auteur prend le temps de s'attarder sans lambiner sur ses personnages, plantant le décor, posant des portraits au delà de l'esquisse et en deça de la caricature. Les petites marionnettes de ce théâtre cruel sont soignées, attachantes ou repoussantes mais jamais grossièrement travaillées. On a le temps de savourer chacune des grandes et petites aventures des habitants de Lafferton qui pourraient être nos voisins, nos amis, et on se prend à tourner frénétiquement les pages pour savoir qui se connecte où et avec qui, et à quel sujet. Le style est fluide et rend la lecture coulante et captivante. Sans qu'on se retrouve dans le rythme haletant d'un thriller on est cependant accroché par un récit sans temps mort , souvent émouvant. Tout au plus est-on un peu gêné par cette manie à la mode de rédiger quelques chapitres du point de vue du tueur qui ponctuent le récit des obnubilations du pervers psychopathe. Le reste est de très bonne qualité. Personnages principaux et secondaires sont d'excellente facture. Une lecture plus qu'agréable, qui donne envie d'aller se chercher les trois premiers tomes de la série à côté desquels on était passé (bougresse négligente que je suis).

Marion Godefroid-Richert

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