La Maison des Enfants Rouges

Jérôme BUCY

Liv'Éditions, 2004



Paris, Mars 2003. Marine, dix-huit ans, est une jeune fille solitaire, anorexique, très peu communicante. Poussée par une pulsion qu'elle ne cherche pas à refouler, elle se jette dans la Seine, bien décidée à mettre fin à ses jours. Pourquoi ce mal-être, pourquoi cette irrépressible pulsion de mort ? C'est ce qu'elle va s'attacher à découvrir, pour se remettre de son traumatisme, tout d'abord en allant consulter un psy, puis en s'intéressant au comportement étrange d'une petite fille habillée de rouge des pieds à la tête qui semble l'attendre sur le trajet qu'elle emprunte entre son domicile et la librairie dans laquelle elle travaille. Lorsqu'elle lui emboîte le pas, commence alors une quête qui va la mener en Bretagne, au Faouët, entre la chapelle Sainte Barbe et la maison des Enfants Rouges, un ancien orphelinat reconverti en centre accueillant aujourd'hui dans ses murs des enfants lors des vacances scolaires... Là, peut-être, dans ces lieux qu'elle découvre, trouvera-t-elle les réponses à ses questions...

Pour parvenir à ses fins, Marine n'aura de cesse de plonger dans le passé, notamment de faire revivre dans sa mémoire sa petite enfance oubliée... On retrouve dans le troisième roman de Jérôme Bucy les thèmes qui lui sont chers. Si, pour la première fois, le personnage central de son nouveau roman est une jeune fille, l'histoire qu'il nous propose demeure une quête à la fois initiatique et identitaire reposant sur des mensonges, des non-dits et un lourd secret de famille sur lequel, malgré les dangers encourus, la jeune héroïne aura à coeoeur de faire toute la lumière. Point ne faut en dire plus : ce serait par trop éventer l'histoire ! Originale, fort bien bâtie, bien rythmée, maîtrisée de bout en bout, l'intrigue tricotée par l'auteur nous fait voyager entre Paris, Morbihan et Finistère. Le suspense intelligemment distillé éveille très rapidement (et n'arrête jamais par la suite de titiller) la curiosité du lecteur qui se laissera du reste facilement emporter par le style simple et l'écriture fluide et élégante de Jérôme Bucy. Et puis le mystère s'opacifie tandis que la tension dramatique monte crescendo. Dès lors, le lecteur captivé n'a plus qu'une idée : ne pas lâcher le livre avant le dénouement final. Il ne sera pas déçu ! Les personnages sont cohérents, vivants et attachants. Dangers, surprises et rebondissements ne manquent pas. Quant au décor breton, mystérieux et envoûtant à souhait, prégnant et admirablement décrit, il joue dans cette histoire un rôle à part entière.

De roman en roman, Jérôme Bucy prend de plus en plus d'assurance et ne cesse de progresser. Sans nul doute est-il en train de devenir un véritable maître du genre. Bravo !

MGRB

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