Jusqu'à ce que la mort nous sépare

HUBERT, KERASCOET

Dargaud, 2009
Miss pas touche, T4
48 pages. 10 euros



Dans ce 4ème volet de Miss Pas touche, Blanche se réveille en pleine rue à Paris. Elle part à la recherche d'Antoine et le retrouve prisonnier dans un hôpital.

Voici la fin de l'histoire de Miss pas touche, une jeune prostituée parisienne, dans les années 30. Elle exerce ses talents au Pompadour, un bordel de luxe et a acquis son surnom par le fait qu'elle ne touchait pas ses clients ! Mais la vraie raison de son entrée dans le monde de la prostitution est sa volonté de retrouver le meurtrier de sa soeur.

Ce 4ème tome nous replace face à une réalité aujourd'hui en partie dépassée : l'homosexualité considérée comme une maladie honteuse dont il faut guérir. On ne parle pas d'homosexuel, mais d'inverti : cela permet à de chastes oreilles d'éviter le terme honteux. "Inverti", un terme qui possède aujourd'hui une connotation assez ringarde et qui s'emploie également pour désigner la transformation du saccharose en glucose ou le changement de sens du courant électrique. On voit bien le sens mis dans ce mot par les tenants d'une morale moralisatrice. Pour les amateurs, la conjugaison du verbe est ici.

Il reste que l'on n'hésite pas devant les méthodes pour ramener dans les chemins de la bonne morale, les dits "invertis". On créé une rupture des synapses qui permet aux structures déficientes de se "reconformer". En bref et en pratique, on enfonce un stylet dans le crâne de la victime ce qui a pour conséquence de la rendre totalement débile.  

L'album lui est honnête : le lecteur a en effet grande envie de découvrir la fin de cette histoire. Elle n'est pas moins noire que le reste. Malgré tout, le scénario de ce 4ème tome ne m'a pas surpris. On est en présence d'une fin intéressante mais sans trop de surprise. Le dessin est toujours plutôt bon. J'aime bien le personnage de la mère de Blanche et sa vraie gouaille parisienne.

Un album qui n'a donc pas l'originalité des trois premiers mais que l'on lit avec plaisir.

Marc Suquet

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