Le tour des géants

Nicolas DEBON

Dargaud, 2009
76 pages. 14 euros



Nicolas Debon entraîne ses lecteurs dans les étapes du Tour de France et de sa version de 1910 : depuis le départ très matinal des 110 coureurs jusqu'à l'arrivée, 4735 km plus loin, après 15 étapes et beaucoup d'abandons.

Moi qui ne suis pas très branché vélo, j'ai bien aimé cette histoire, vécue comme un vrai reportage.  Mais j'ai été étonné par la dureté de l'épreuve : ça t'a un p'tit air d' "On achève bien les chevaux". Ici, sauf pour les 29 "groupés" suivis par une vraie logistique, on répare soi même ses crevaisons et notamment celles dues aux gens bien intentionnés qui répandent des clous sur la chaussée, on picole le matin pour se donner du courage, on subit les amendes des organisateurs pour "urination hors des vespasiennes officielles", on chute sur des chiens qui traversent la route ou encore on perd du temps à chercher sa direction. Mais surtout quelle épreuve physique ! Un Tour comme on en connaît plus, dans lequel les organisateurs multiplient les difficultés pour qu'on s'en souvienne, ou encore qu'on lise plus leur journal. Les difficultés sont telles qu'un des coureurs crache à la tête des organisateurs un "assassins" désespéré. Et pourtant, apparaissent déjà les premières tentatives de dopage : on choisit son "reconstituant" : éther pour les uns, strychnine pour les autres.
 
Le lecteur roule dans la roue des coureurs : Garrigou, Petit Breton, Cornet, Van Hauwaert, et bien d'autres encore. On découvre les secrets techniques des coureurs comme le fait de limer ses pneus pour alléger son vélo: il est vrai qu'avec ses 12 kg, ca vaut la peine ! Mais on est surtout dans le duel entre les deux grands : Faber et Lapize. Le scénario est rempli des relations entre ces bourreaux de la petite reine.

Les dessins sont superbes et notamment la couverture. Ce sont de vraies peintures qui dévoilent les difficultés du tour. L'ensemble est assez classe et se laisse volontiers lire pour qui n'aime guère le vélo. Un beau témoignage historique.

Marc Suquet

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