Bien des choses

François MOREL, Pascal RABATE

Futuropolis, 2009
180 pages. 18 euros



Attention à l'arnaque. Ceci n'est pas une bande dessinée. On pourrait classer l'objet dans la rubrique "roman graphique". C'est à la mode. Ou bien pour être plus juste il s'agit d'un roman épistolaire illustré (à ma connaissance, réduite il est vrai, il n'y en a pas des masses). Voici pour l'identification de la bête. Soit un couple de retraités qui abreuvent leur voisine arroseuse de plante/ramasseuse de courrier de ces fameuses oeuvres d'art populaires que sont les cartes postales, ornementées d'une prose à l'humour variable, parfois nostalgiques, parfois rêveuses.

François Morel se fend d'une petite introduction sympathique. Son cahier de vacances personnel se situe entre bons baisers de Bruges et les Deschiens. Tout semble ramener toujours l'acteur/auteur à ce qui contribua à le rendre célèbre à ses débuts. On est sensible (ou pas) à cette esthétique sociale modeste de la fin du siècle dernier, loin de la culture pop et plus près des petits déjeuners Ricoré du temps où leur emblème n'était pas devenu la famille nucléaire parfaite de quatre personnes avec labrador en option. On sent toujours dans ces envois de carte postale des quatre coins du monde la présence des blouses bleues à fleur en mélange coton-tergal et de l'encaustique à base de cire d'abeille. On retrouve amusé les petits travers qu'on a tous eu lors des messes du stylo bic pré-rentrée : l'écriture qui se redresse tout à coup à la faveur de la rencontre avec un coin, la signature hâtivement jetée par papa à côté de la sienne pour faire genre "si, si j'ai écrit aussi". Enfin un petit opus pas désagréable pour peu qu'on se laisse séduire par l'ambiance un peu obsolète qui s'en dégage.

Marion Godefroid-Richert

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