Topless

Olivier BALEZ, Arnaud LE GOUEFFLEC

Glénat, 2009
70 pages. 13 euros



Martin est pianiste dans un club de strip_tease, les Naïades. C'est pas qu'il soit insensible à l'esthétique, mais le charme des effeuilleuses le laisse de marbre. Pas toutes les effeuilleuses pourtant, car Jeanne hypnotise totalement Martin. Alors le jour où elle lui propose d'emprunter la DS de Mr Frognard, le patron des Naïades, Martin n'hésite pas et se lance dans l'inespéré, une histoire avec Jeanne. Mais M. Frognard a également quelques activités peu recommandables qui essaiment leur oseille dans le coffre de sa tire.

Il y a dans cet album une douceâtre nostalgie qui prend le lecteur dans la brume des cibiches que Martin ne cesse de siroter. Il est touchant Martin, confiant dans son St Christophe qui orne le dessus de son piano mais suffisamment athée pour penser que "le bon Dieu c'est juste un truc qui pèse". Assez émerveillé par Jeanne pour se lancer dans une romance qui ne lui attirera que des ennuis et qui l'oblige à s'enfuir à l'autre bout de la France. Mais suffisamment désintéressé pour s'effacer sur la pointe des pieds lorsque Jeanne lui offre sa superbe plastique, en suggérant merveilleusement "qu'il y a des choses que l'on ne peut pas effeuiller".

Topless est un vrai road movie à la sauce polar. Le dessin est noir : il ne perd pas de temps dans le détail et les personnages sont simples. Les ambiances sont intenses : celle du monde de la nuit que Jeanne et Martin ne quittent guère.

Chacun des deux auteurs sort d'une belle expérience BD : Vilebrequin pour Arnaud le Gouefflec et Angle mort pour Olivier Balez. La conjugaison de ces deux talents donne ce petit album plein de personnalité, de climat et dans lequel le lecteur s'immerge avec beaucoup de plaisir.

Marc Suquet

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