Appelle-moi Ferdinand

Hervé BOURHIS, Christophe CONTY, Christian DURIEUX

Futuropolis, 2009
63 pages. 15 euros



Atteint d'un cancer, Oscar va mourir. Pour le temps qu'il lui reste à vivre, il veut tenter des expériences qu'il n'a jamais réalisées : se faire plaisir comme régler des comptes avec sa propre famille.

Un album que j'ai vraiment aimé. Un de ces albums qui permettent au lecteur de pénétrer l'intimité des personnages. Il y a une vraie humanité dans ce personnage en pleine déprime et qui n'ignore pas qu'il va vers sa fin. J'ai lu l'album en pensant à Jean-Pierre Bacri et ses éternelles déprimes, mais ici l'humour noir de l'acteur est totalement absent. La découpe de l'album en chapitres successifs tels que Hurler, Vivre, Goûter, Oser, permet de mieux pénétrer dans la psychologie du personnage. Pas de grandes actions, que de l'intimiste qui permet de mieux connaître Oscar et la fin originale qu'il s'est choisi.

On comprend vite le souhait d'Oscar : professionnellement, il est un petit cadre sans envergure. Dans sa famille, sa femme le trompe et ses deux filles l'ignorent. Face au compte à rebours macabre que lui impose sa maladie, Oscar va mettre les bouchées doubles. Fini le petit employé modèle et le père consciencieux. Oscar va enfin réaliser ce qu'il souhaitait faire depuis longtemps et qu'il a toujours remis au lendemain. Ainsi, son prof de français qu'il a toujours aimé en secret, eh bien il est temps de le lui déclarer cet amour !

Bien sur, le dessin n'est pas gai. On ne se serait pas attendu à moins. Mais la tonalité d'ensemble marron est parfois entrecoupée de couleurs, surtout du bleu, soulignant le choix d'Oscar et ses conséquences sur les moments qu'il lui reste à vivre.

Une originalité : la couverture est en fait une page de l'album. Elle transporte immédiatement le lecteur dans la vie d'Oscar.

On peut découvrir les 10 première pages de cette histoire ici.

Marc Suquet

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