L'île au poulailler

Laureline MATTIUSSI

Glénat, 2009
Tome 1.
79 pages. 15 euros



Un capitaine, corsaire de son état, son équipage et son navire. Ils volent un trône en or et une substentielle cargaison du précieux métal pour le rapporter à leurs commanditaires. Mais, et c'est la loi de la flibuste, se font à leur tour soustraire leur butin par une accorte et sensuelle capitaine pirate, rousse et gourmande des choses de la chair, au langage fleuri et à la langue aussi acérée que sa lame est affûtée. Par désir de revanche, le balafré se lance à la poursuite du trône et des charmes de la belle. Mal lui en prend. Il se fait doubler, et même tripler. Pour toute récompense il atterrit avec deux de ses comparses sur l'île aux poulets... tu parles d'une punition de pirate!

Tout est réjouissant dans cet album. Les couleurs, fort bien choisies, le graphisme, qui colle au récit, les péripéties, croquantes et goûteuses. L'auteur se régale en paroles et en aventures, et nous avec. Absurdes et truculents, féroces et rebelles, poétiques et triviaux, ses pirates sont des parangons de l'idéal qui nous berçait enfants, coureurs des mers, séducteurs des coeurs, pauvres à la poche flapie et riches de la ligne d'horizon infinie. On a hâte de voir comment le balafré va se sortir de son abattoir puant. Vivement le deuxième tome.

Marion Godefroid-Richert

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