Le nom du vent

Patrick ROTHFUSS

Bragelonne, 2009
648 pages. 28 euros



Qu'il est agréable de tomber sur un vrai exemple d'utilisation intelligente des codes classiques d'un genre prédéfini ! Pour la fantasy, l'apprentissage d'un jeune héros surnaturellement doué et victime d'un sort funeste pour accomplir une juste vengeance est une sorte de schéma de base. Après, tout ce qui fait l'intérêt d'un roman réside dans le style, les rebondissements, l'empathie éprouvée envers les personnages principaux. On est ici gâtés. Le jeune Kvothe et son double plus mûr Kote constituent l'alpha et l'oméga d'une histoire qui démarre sous les meilleurs auspices. Les deux âges de ce même individu le placent d'emblée dans une perspective qui captive le lecteur. On s'interroge fébrilement sur ce qui a bien pu se passer pour faire dévier la route de cet apprenti magicien qui semble toute tracée vers la gloire et la maîtrise de grands pouvoirs et finit pourtant dans un trou paumé au coeur d'une auberge déserte. Le bougre est d'ailleurs outrageusement bien doté par la bonne mère nature et accessoirement par son créateur. Non content de montrer des prédispositions hors du commun pour les études et l'arcanisme, il est également exceptionnellement talentueux avec un luth et chante divinement (remarquez, il ne manque plus qu'il réussisse les pâtes à la perfection et qu'il sorte les poubelles pour qu'on en fasse une jeune fille bonne à marier). Trêve de plaisanterie, PR sait se jouer des redondances et autres longueurs. Ce premier tome des aventures de son tueur de roi est très réussi et on en redemande.

Marion Godefroid-Richert

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