Agrippine Déconfite

Claire BRETECHER

Dargaud, 2009
13 euros



Ca commence super mal pour Agrippine : alors que sa grand mère devait lui offrir pour son anniversaire des boots en tatou strassé, Agrippine n'en trouve plus à sa taille. Par contre, le 38 de la grand mère est dispo. Voilà comment Agrippine se fait souffler son cadeau mais aussi ses totems "générationnels".

Le 8e album en 20 ans de la série consacrée à l'ado au tempérament bien tranché. Bretécher c'est un monument : elle débute en 1963 avec le Facteur Rhésus dans l'Os à Moelle. Ses dessins sont publiés dans de nombreux journaux : Record, Tintin, Spirou, Pilote, l'Echo des Savanes avec des titres comme Le Bolot occidental, Les frustrés, Thérèse d'Avila, Les mères - Bretécher est la première femme a avoir eu le prix du festival d'Angoulême.

C'est comme toujours, un vrai boulot de sociologie. Bretécher se plonge dans le monde des ados et nous en livre quelques traits bien dosés. La famille est un florilège citadin branché et parisien : les parents veulent divorcer mais se sentent si proches qu'on ne sait jamais bien où ils en sont, la grand-mère veut faire d'jeun, l'arrière grand-mère, l'AGM qui n'est pas l'aïeule génétiquement modifié, devient spécialiste de graff, l'oncle éternel intermittent du spectacle, quant au frère, il ne sait pas bien de quel sexe il est. On finit par penser qu'Agrippine est presque la plus sage de la famille.

Son livre est bourré de gags faits tout simplement du parler ado de l'héroïne. C'est pêchu, chaque page est l'occasion de nouvelles découvertes de ce style de vie carrément bobo. Bretécher est dure avec Agrippine, soulignant dans ses interviews qu'elle n'est pas spécialement intelligente. Le dessin est nerveux, simple et efficace. La lecture aussi : on ne s'attarde pas à une case mais on suit le rythme pulsé de la vie de cette famille. Du Bretécher quoi !

Marc Suquet

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