La maison aux fenêtres de papier

Thomas DAY

Gallimard, 2009
302 pages. 7 euros



On ne reviendra pas sur le résumé de l'intrigue, déjà livré par Benoît dans la chronique précédente. Thomas Day n'en est pas à son coup d'essai. Il avait déjà commis il y a quelques années un roman passionant qui laissait augurer du meilleur pour la suite, L'instinct de l'équarrisseur-vie et mort de Sherlock Holmes. Dans ce dernier le fantastique avait une part importante, pour lequel l'auteur semble avoir des affinités puisqu'il le réutilise avec bonheur dans cet opus. Sa création féminine est un régal. Sadako est une projection sublimée d'amazone inhumaine, guerrière absolue, pourfendeuse de paillasse qui aura le dessus sur les deux démons nés de l'holocauste nucléaire de la seconde guerre mondiale. Le talent de conteur de l'auteur est éblouissant. On se passionne pour tous ces destins qui se sont entrecroisés autour de l'Oni No Shi , dont la genèse nébuleuse vaut les deux chapitres qui lui sont consacrés. L'histoire officieuse du Japon, faite du développement éclair des empires yakusa soutenus par la CIA laisse rêveuse la lectrice néophyte que je suis. Tant de pistes sont révélées, explorées, mélangées et terminent en un récit équilibré de façon parfaite entre l'occident et l'extrême-orient. Même pour le non-initié ce pont jeté entre deux cultures si étrangères s'emprunte sans réserve, et ceci grâce à une écriture fluide dans laquelle on se coule sans effort, parfaite digestion des contes de Grimm au matcha. Une réussite.

Marion Godefroid-Richert

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