Je mourrai pas gibier

ALFRED

Delcourt, 2009
111 pages. 14,20 euros



"...A la base ça devait être une fête vu que c'était le mariage de mon frère. Mais une fête à Mortagne, on ne sait jamais bien ce que ça veut dire..."
Mortagne c'est soit de la vigne soit du bois, et quand on est adolescent et qu'on veut devenir luthier et bin c'est pas possible !
Alors pour tenter de se sortir de la reproduction et de construire son propre chemin le narrateur va choisir la mécanique comme boulot et Terence, le "pleu pleu" du coin comme ami.
Mais c'est sans compter sur la haine qui sert de ciment aux habitants de ce village ordinaire et ça, cet adolescent, il va pas le supporter !

Voilà une histoire d'adolescent mais pas que pour adolescent. C'est noir, très noir et on en prend plein la figure.
L'histoire se déroule sans superflu, c'est raide, c'est direct, c'est sans espoir ! C'est d'une violence inouïe, et pas seulement celle qui finit le récit mais plutôt celle ordinaire de gens ordinaires, celle qui naît de l'ennui, de l'injustice, de la frustration et de la facilité, présente tout au long du livre.
On est horrifié du geste de cet ado mais en même temps rassuré qu'il ait réagi et cela m'a mis réellement mal à l'aise.
Le dessin de Fred arrive à rendre palpable la chape de plomb qui pèse sur ce village et à nous faire suivre avec crainte l'évolution de ce gosse. La violence est là et nous y assistons en direct mais jamais comme des voyeurs et c'est ce qui fait la force de cette bande dessinée.

Annecat

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