Mortelle Résidence

Romain SLOCOMBE

Masque, 2008
430 pages. 19 euros



« Tout le monde peuvent pas être de Lyon. Il en faut ben d'un peu partout. » (page 73)

Lyon. Lugdunum. Capitale de la Gaule romaine.

Que peuvent bien avoir de commun Oscar Guttiérez, architecte argentin vivant à Bruxelles, fauché, malade et dépressif chronique, « La Gordita », jeune Chilienne qui a pour mission d'exécuter un ancien nazi, Laure Fortier, journaliste d'investigation à « L'Impartial Lyonnais », Gabriel Laforgue, médium pneumatographe, Mona Virus, une célébrité de l'underground local, Yûko Nishi, jeune artiste japonaise et bien d'autres encore ?
Rien, à priori !... Si ce n'est le fait qu'ils vont être amenés à fréquenter un ancien couvent qui a servi de prison pendant la Révolution (la jeune religieuse Virginie Elisabeth Constance de Pierremont, par exemple, y a été incarcérée avec de nombreuses victimes de la répression sanglante). Ce couvent est devenu un centre culturel, « La Délivrance ».
Les fantômes de cette bâtisse au passé chargé vont alors resurgir.

« Entre les bêtes et les gens, y a bien souvent que le baptême que fait la différence ». (page 59)

En mai 2002, Romain Slocombe est invité aux SUBSISTANCES de Lyon comme artiste résident afin de participer à l'événement BODY LIMITS (« Une affaire de corps » dans le roman). Ce « lieu maudit » (d'où le titre « Mortelle résidence »), « point commun à tous les événements », et quelques personnages hauts en couleurs, rencontrés au cours de BODY LIMITS, ont inspiré à l'auteur ce « récit à plusieurs niveaux, dense, documenté; cette fresque historico-politico-artistique, d'une noirceur à toute épreuve ». (Christophe Dupuis. Librairie ENTRE-DEUX-NOIRS-à LANGON)

Dans ce roman noir, très noir, ambitieux, hors normes et qui ne manque pas d'égratigner les politiques «se croisent les nazis, Pinochet, l'Ordre des Templiers, des pédophiles. N'est-ce pas un peu trop » ?, demande Raphaël Ruffier-Fossoul à l'auteur (http://www.lyoncapitale.fr)

Ce dernier répond :

« J'aime bien mettre ensemble des choses qui a priori n'ont rien à voir entre elles. J'avais envie de faire un roman très foisonnant, sadien, sur la violence et l'inhumanité. Un roman sur un lieu, une ville, mais aussi sur les persécutions. Celles de droite et celles de gauche. Dans le roman, je cite une pensée des mystiques soufis :
« Quand le juste persécute le méchant, Dieu est du côté du persécuté » ».

Christophe Dupuis a encore dit :

« Ce grand livre bien rythmé est une des excellentes nouvelles de ce début d'année ».

Entièrement d'accord !

Dois-je rappeler que je suis un inconditionnel de Romain Slocombe (cf : « Qui se souvient de Paula »). Nous avons eu l'honneur et surtout le grand plaisir de le recevoir à Mauvais Genres. A deux reprises ! Et nous sommes partants pour d'autres rencontres. Romain Slocombe n'est pas seulement un grand auteur, un auteur original, un touche-à-tout de génie, c'est également un homme EXQUIS et PASSIONNANT !...

Roque Le Gall

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