Arrête ton cinéma

Jean-Paul BIRRIEN

Palémon, 2008
8 euros



Dinard. Fin de l?été 1974.

Il s'appelle Charles Dubois. Il va bientôt avoir 37 ans. Il y a un mois, il a vu un film américain, « GATSBY LE MAGNIFIQUE »' « Un film formidable ». Il a aussi lu le livre. Depuis lors, il parle comme Gatsby, il s'habille comme Gatsby, il se prend pour Gatsby. Tout comme Gatsby, il a même rencontré sa Daisy, qui ne s'appelle pas Daisy. Elle se prénomme Emma. Emma et Freddy, son petit ami, ont projeté de cambrioler la belle villa que Charles habite avec sa mère. En fait, Freddy attaque la banque locale. Le hold-up tourne mal. Freddy et Emma doivent alors prendre la fuite dans la Bentley de Charles qui a décidé de les accompagner. Enfin, ce n'est pas vraiment la Bentley de Charles, et Charles n'est pas vraiment le riche héritier que Freddy et Emma imaginent. Pas plus qu'il n'est « un espèce d'aventurier, ou un gangster, quelque chose comme çà », comme il finit par leur laisser croire.

De Dinard à Nantes, puis de Nantes à Bourvillec, dans le Finistère, une folle cavale va alors s'engager. Une cavale des plus meurtrières.

« C'était comme au cinéma ! Ca ne se passe jamais comme on s'y attend, il y a toujours des imprévus ». (page132)
« Arrête ton cinéma » est le troisième roman de Jean-Paul Birrien et le deuxième tome d'une série intitulée « Enigmes à Bourvillec » (le premier tome étant « Tournée de campagne ».).

J'avais bien aimé son premier roman « Bloody Mairie ». J'avais beaucoup aimé « Tournée de campagne ». J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce troisième opus et celà pour diverses raisons.
Tout d'abord, « le retour à Bourvillec ».
Ah, Bourvillec ! « C'est dans le Finistère, en plein milieu. Un bled perdu, ravitaillé par les corbeaux ». (page 167)
« Un coin peinard », Enfin, pas tout le temps !
J'ai également apprécié « l'écriture en double (qui) entrecroise les réflexions du personnage principal avec le déroulement de l'action » qui nous ramène au début des années 70.

L'auteur a su créer des personnages « savoureux et attachants ». La petite Rose, pour ne citer qu'elle.

Et surtout, surtout, il y a Charles !

Charles, « un garçon intelligent qui a fait de brillantes études » et qui a « explosé en vol » alors qu'il préparait les grandes écoles. Charles qui n'est pas fou, attention ! Il souffre simplement d'une destructuration de la personnalité.
Charles qui va passer du rôle de spectateur à celui d'acteur.

Et quel acteur !

Un personnage singulier que le lecteur n'est pas prêt d'oublier !

Ce road-movie à l'armoricaine, cette cavale fantastique, tragique mais ô combien tendre et humoristique, est une totale réussite !

« Plus je réfléchis, plus je me dis que mon histoire ferait un film formidable », se dit Charles, page 132. En tout cas, avec l'histoire de Charles, Jean-Paul Birrien a écrit un livre formidable !

Roque Le Gall

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