La fin des mystères

Scarlett THOMAS

Anne Carrière, 2008
489 pages. 23 euros



On peut dire qu'Ariel Manto a eu une vie peu ordinaire et pas vraiment placée sous le signe de la chance. Abandonnée par son père, non élévée par sa mère, des amours plus ou moins saines et des perspectives professionnelles peu reluisantes associées à des finances précaires, excusez du peu ! Sa situation présente de brillante étudiante en littérature se trouve compromise par la disparition inexpliquée et même mystérieuse de son directeur de thèse et mentor, Saul Burlem. Et puis un jour le vent a l'air de tourner et Ariel tombe sur un exemplaire rarissime, presque unique d'un ouvrage légendaire : La fin des mystères, de Thomas Lumas. La thèse d'Ariel porte justement entre autres sur cet auteur et c'est une opportunité extraordinaire que de pouvoir ne serait-ce qu'approcher ce livre, et ceci entre autres à cause de sa réputation sulfureuse. Il serait maudit, et entraînerait automatiquement vers la mort quiconque en prendrait connaissance. Ariel achète cependant l'objet convoité. Et c'est le début d'une très sombre et très incroyable aventure où se retrouvent pêle-mêle potion magique, CIA, voyage dans la troposphère, amour et maléfices !

C'est passionnant, c'est haletant, c'est surprenant. C'est bien écrit, c'est bien pensé, c'est bien vu. Que du bon dans ce récit qu'on ne lâche pas dès qu'on l'a ouvert. Sur une trame scientifique très documentée, avec des références notées au fil des pages pour les curieux que ça intéresse de se reporter aux théories citées/effleurées par l'écrivain. ST fait preuve d'une érudition confondante sans pour autant rentrer dans une pédanterie insupportablement condescendante à la Umberto Ecco. Elle donne envie de se saisir d'un stylo et d'un carnet et de noter au fur et à mesure les références qu'elle cite abondamment. Mais il faudrait pour cela lâcher son histoire. Crime ! Car on est transporté par la qualité de l'écriture autant que par celle du suspense. Un très bon cru que cette « fin des mystères ». Personnages finement observés, situations approfondies et dénouement en demi-teinte bien loin des happy-end habituels, on est sur du sérieux renouvellement de style. Amateurs de rose pastel s'abstenir !

Marion Godefroid-Richert

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