Le treizième oeuf

Joël OLLIVIER

Barbu, 2007
Le cycle d'Alimar T.3
15 euros



Voici le troisième tome du cycle d'Alimar. Broncos et Debyan se séparent pour poursuivre leurs routes chacun de leur côté. Tandis que le géant débonnaire accompagne Smillow, sage ancienne « à la santé de saumon », le jeune mage suit sa douce montagnarde et la troupe dépenaillée qui tente de sauver le dernier des dragons. La tâche est malaisée car le grand guide du peuple des montagnes se laisse lentement mourir de faim par désespoir d'avoir perdu sa compagne (cf le tome 2 : Les coeurs jumeaux d'Alimar ). Lula va cependant aider l'immense bête à retrouver vie et santé en le délivrant du fardeau que lui a confié sa dragonne avant de mourir : ses oeufs. O miracle ! En plus des douze oeufs habituels le dragon délivre une pierre mystérieuse. Il s'agit en fait d'un des deux coeurs jumeaux d'Alimar, les joyaux qui apporteront paix, sérénité et longue vie au peuple des hommes quand ils seront enfin prêts (comprendre par là sages) à recevoir ce fabuleux trésor. Il va donc falloir réunir les deux pierres et les soustraire aux convoitises diverses de ceux qui ne les désirent que pour mieux asseoir leur pouvoir et leur soif de conquêtes et de richesse...
L'ami Joël continue de s'amuser et de nous divertir avec sa saga foutraque et joyeuse. Les petites notes de bas de page sont toujours là pour notre plus grand régal , avec toute la malice de l'auteur qui pimente le récit. On citera pour mémoire un jeu montagnard qui ressemble à une version pédestre et un tout petit peu moins brutale (mais pas grâce aux harpies qui y participent !) du bouzkachi afghan, le potar... Mine de rien, au fil des tomes qu'il égrenne maintenant régulièrement J.O. se joue parfaitement des codes de l'héroïc fantasy : le jeune héros pris malgré lui dans une quête qui le dépasse, la découverte de son destin exceptionnel, les vieux sages plus ou moins magiciens placés sur sa route par la providence pour mener la dite-quête à son terme. Et bien sûr amour et honneur au bout du chemin pour récompenser le valeureux héros! Il ne faut donc pas s'y fier, petit éditeur à petit tirage , le barbu a su reconnaître le talent là où il était. Et rendons hommage à la modestie de l'auteur : il a beau prétendre écrire avant tout pour se faire plaisir et nous faire plaisir, il fait preuve de rigueur et surmonte haut la main l'épreuve de la longue distance : pas d'essoufflement dans le récit et plaisir de lecture et d'écriture intacts. Bravo Joël !

Marion Godefroid-Richert

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