Happy Living

Jean-Claude GOTTING

Delcourt, 2007
Collection : Mirages
136 pages. 15 euros



François Merlot est journaliste à Paris. La rencontre avec Mr Slatter à New York, à l'occasion d'une interview pour le livre sur les grands standards de chanson de ce siècle, va l 'entraîner dans une vraie enquête. Elle est liée à Happy living, un titre qui a fait le tour du monde. Slatter son auteur présumé, lui révèle le début de son enquête : Slatter n'a pas écrit la moindre note du tube. C'est en fait un batteur très doué, Treviso, qui l'a composé lors de l'un de ces nombreux délires alcooliques. Par la suite, le batteur ne s'en est plus souvenu. Slatter a donc usurpé la paternité de ce morceau qui a connu le succès immédiatement et s'est vendu à plusieurs millions d'exemplaires. 50 ans après, Slatter souhaiterait que les droits de cette chanson revienne à son véritable auteur ou à sa famille, si celui ci est décédé ;

Voilà un bon scénario : un milieu d'abord celui du jazz noir américain avec ses vedettes, ses nuits alcoolisées et ses cabarets. Il y a également une vraie enquête, difficile au départ Treviso est plutôt connu sous son nom de scène, Louis Perkins. Les protagonistes apparaissent au fur et à mesure des résultats enregistrés par Merlot dans son travail : Mr Lodam, un autre joueur de jazz, Wallas Horne producteur, et Lucy Perkins, la fille du batteur elle aussi dans la musique. Au détour de l'album on rencontre également des personnages secondaires intéressants: la serveuse du petit restaurant routier plein de clichés sur les français, mais sympathique, le pompiste et son copain noir à la station essence très roots tous les deux ou encore le logeur de Merlot dans un motel crasseux et qui bien sur ressemble à Norman Mailer.

On ne tombe pas dans le cliché : Merlot ne tombera pas amoureux de la mignonne serveuse du restaurant d'en face.

Un bon album avec des personnages et un milieu intéressants.

Marc Suquet

partager sur facebook :