Les Chevaliers d'Emeraude, T. 1 et 2

Anne ROBILLARD

Michel Lafon, 2007
345 pages (T. 1), 437 pages (T. 2), 15,00 euros par volume



Le monde des chevaliers d 'Emeraude : un continent nommé Enkidiev composé de plusieurs royaumes dont ils proviennent tous, humains, elfes, fées. Face à Enkidiev se trouve le continent noir, royaume de l'empereur noir Amecareth et de ses hommes-insectes, dont l'ambition est de conquérir Enkidiev. L'ordre des chevaliers d'Emeraude a été créé pour prévenir les peuples paisibles de ce sort funeste qui s'accomplirait bien sûr en exterminant les populations locales.

Dans le premier tome on apprend que l'ordre, existant depuis des siècles avait été dissout à la suite de la folie des grandeurs qui avait fini par frapper ses membres, devenus mégalomanes et avides de pouvoir après une première victoire sur Amecareth. L'empereur d'Emeraude, homme sage guidé par un mage visionnaire, décide de refonder l'ordre défunt pour protéger de nouveau les peuples d'Enkidiev. Il recrute pour cela des enfants dès leur plus jeune âge pour leurs qualités extra-sensorielles (empathie, communication par l'esprit, télékinésie, etc.) et leurs pouvoirs magiques (de guérison entre autres). La première génération des chevaliers d'Emeraude (au nombre de sept) et son éducation au château d'Emeraude sont donc à l'honneur dans cette première partie. Wellan, leur chef, Jasson, Bergeau, Dempsey, Chloé, Falcon et Santo vont devoir grandir et devenir des chevaliers tout en essuyant une première attaque des dragons d'Amecareth, qui va anéantir un royaume entier, Shola. La reine Fan de Shola parviendra cependant à contrecarrer l'empereur noir en lui soustrayant Kira, sa fille et en la mettant en sécurité entre les mains du souverain d'Emeraude. Dès lors, la mission des chevaliers protecteurs passera également par la sauvegarde de cette enfant étrange, dotée de grands pouvoirs et d'un physique très particulier (mauve au cheveux blancs et yeux de chats, oreilles pointues et toute petite, ronronne quand on la caresse). Ils auront fort à faire puisque la petite fille n'est pas des plus compliantes et les attaques des dragons maléfiques se multiplient aux abords des côtes.

Dans le deuxième tome, une deuxième génération de chevaliers voit le jour tandis que la première devient de plus en plus autonome. Wellan et ses compagnons vont devoir se mettre à lutter physiquement contre les dragons d'Amecareth, dont les attaques sont de plus en plus fréquentes et vicieuses, tandis qu'Asbeth, le mage noir, s'en vient à Emeraude pour tenter d'enlever Kira. Le rôle clé de cette petite fille dans la lutte séculaire entre Enkidiev et le continent noir émerge peu à peu, tandis que son éducation devient chaque jour plus compliquée. Heureusement la venue d'un deuxième mage à Emeraude va faciliter la tâche de l'empereur dans la promesse faite à Fan d'élever Kira comme sa fille. Wellan va quant à lui devoir devenir un super-mage pour donner toutes les chances de réussite à l'entreprise de son ordre.

Plus d'un million de lecteurs au Québec, la " nouvelle Jane K. Rowling de la littérature jeunesse francophone ", voilà de quoi attirer le chaland. Ne nous y trompons pas il s'agit là effectivement de littérature jeunesse. Coeur de cible, les 10-15 ans (avant, trop épais, après, trop puéril), donc finalement, pas grand chose à voir avec l'auteur de Harry Potter, chez laquelle tout le monde peut trouver son boire et son manger. Mais ne nous y trompons pas non plus, le récit a de quoi charmer le préado moyen, tant il chante les louanges de l'amitié indéfectible, de la gloire, la fortune et l'honneur, de l'amour passionné (ah ! les amours tumultueuses et très charnelles du viril Wellan et de la sublime et plus ou moins matérielle Fan) sur toile de fond fantasy vaguement inspirée de Tolkien. Vous l'avez deviné, nous ne fûmes pas plus charmés que cela. Une certaine superficialité des personnages principaux, des ficelles d'intrigue manquant de subtilité, une originalité conceptuelle tout ce qu'il y a de plus relative. .. l'ouvrage n'est pas mauvais mais facilement oubliable. Il y a sûrement plus à faire pour les rôlistes (voir le nombre assez imposant de sites de jeu en ligne consacrés à l'univers d'Anne Robillard) que pour les lecteurs amateurs du genre. Un cadeau sympathique pour le fils de la voisine donc, mais pas pour votre maman pottermaniaque.

Marion Godefroid-Richert

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