Morts fines à Morlaix

Isabelle AMONOU

An Tu All ar Mor, 2004
Premier roman



" Le Télégramme " du 10 mai 1968 annonce la mort prématurée d'un pharmacien morlaisien dont l'épouse, Pauline Lebreton, travaille pour le quotidien en tant que journaliste. Cette affaire fait suite à de nombreux cambriolages de pharmacies de la région. Malgré l'avis de l'inspectrice Levasseur, l'affaire est classée sans suite. Une trentaine d'années plus tard, le meurtre de l'épouse du pharmacien lors de l'été 2000 lui donne l'occasion de ressortir ce dossier. Quelques semaines auparavant, Pauline avait sollicité Michel Cotten, biographe, écrivain public, en lui confiant quelques récits de sa vie, enregistrés sur cassettes. Michel se retrouve ainsi mêlé à l'enquête et en prise avec bien des manipulations...

Le premier roman policier d'Isabelle Amonou a des allures de mécaniques fort bien huilées et se savoure de bout en bout. L'intrigue est bien construite, complexe à souhait, bien ficelée, déroulée avec art jusqu'au dénouement final, l'ensemble bien écrit, dans un style fluide et efficace, ce qui rend la lecture d'autant plus agréable. Il faut dire qu'Isabelle Amonou prend plaisir à égratigner les moeoeurs bourgeoises d'une société provinciale qu'elle connaît à priori fort bien et qu'elle prend plaisir aussi à essayer de brouiller les pistes et à manipuler son lecteur en alternant les auteurs de la narration et en prenant soin néanmoins de maintenir ces différents acteurs dans un certain anonymat. Vivants et attachants, mais aussi bien campés, les personnages mis en scène par l'auteur apparaissent du reste bien crédibles (un peu moins le trafic de morphine) et nous entraînent entre Morlaix, Carantec et Rennes, lieux familiers à l'auteur et qu'elle dépeint avec justesse.

Une lecture des plus plaisantes. Un premier roman prometteur, justement couronné par le Prix 2005 du Goéland Masqué. Un nouvel auteur à suivre, donc !

Arlette Julien

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