Séparations

Jean-Claude DUNYACH

L'Atalante, 2007
coll. Dentelle du Cygne. 126 pages. 7,90 euros



C'est le sixième recueil de nouvelles de l'auteur paru chez l'Atalante. Nous avions précédemment chroniqué le cinquième (Le temps, en s'évaporant) qui nous avait énormément plu, attirés que nous avions étés par l'éloge en quatrième de couverture fait par Ayerdhal, excusez du peu ! Ce petit fagot de récits-là prend pour thème commun la séparation (pas d'arnaque sur le titre), qu'elle soit définitive ou temporaire, sereine ou tumultueuse, amoureuse, physique, etc. L'auteur, comme précédemment, sait intégrer de l'émotion, de la poésie, de l'onirisme, du romantisme dans ses élucubrations écrites. Les histoires sont toujours originales et innovantes, et témoignent du grand éclectisme de l'écrivain. Il n'y a d'ailleurs qu'à aller consulter l'autobiographie succincte qu'il produit sur son site personnel pour en prendre la mesure ! Parolier, musicien, scientifique, écrivain, père de famille et il y en a encore d'autres. Chroniquer un ensemble de nouvelles étant un exercice assez compliqué, on nous permettra de citer les deux préférées de l'ouvrage par nous-même : celle où un troll sauvegarde les licornes de sa compagnie, menacées d'extinction par le broyage administrativo-technocratique, en transformant leur corne en support à CD ; et celle située dans un monde futuriste ravagé par la crise du logement et régulé par un couvre-feu très strict où les sans abris vont marcher en cercle toutes les nuits jusqu'à ce qu'ils n'en puissent plus et finissent leur vie pourchassés dans une arène. Originalité toujours, humour plus ou moins noir souvent, les nouvelles de Jean-Claude Dunyach ont de quoi séduire toute une gamme de lecteurs exigeants. Le festival Imaginales d'Epinal ne s'y est pas trompé en en faisant un de ses invités permanents. Laissez-vous tenter, vous ne le regretterez pas !

Marion Godefroid-Richert

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