La Mémoire du vautour

Fabrice COLIN

Au Diable Vauvert, 2007
305 pages. 20 euros



Bill Tyron est au chômage. On lui propose soudain de veiller à ce qu'une ancienne GI, Sarah, ne retrouve pas la mémoire. Un travail à 1000 dollars la semaine, ce qui ne peut que motiver Bill. Mais il tombe rapidement amoureux de Sarah. Celle-ci est gravement malade et ne souhaite pas se soigner. En revanche, elle possède des documents compromettants sur les agissements de la CIA en Indonésie.

Ca démarre bien : une histoire étrange. Pourquoi surveiller cette personne qui ne menace plus personne. Et pourquoi avoir choisi Bill qui est un paumé à la quête du moindre boulot pour survivre ? Il y a un contexte : la guerre du Vietnam. Les personnages aussi sont attirants. Un début prometteur donc.

Le livre est conçu en chapitres, donnant le point de vue de différentes personnes. Et c'est là que le bât blesse. On passe de Bill à Sarah entre le premier et le deuxième chapitre, là pas de problème, c'est la même histoire vue selon une paire d'yeux différents. Puis, à partir de la page 130, on quitte la narration de ces deux personnages pour rentrer dans celle de personnages différents. En tout cinq personnages, tous décrits à la première personne du singulier. Et cela casse complètement le rythme acquis dans le début du bouquin. A partir du personnage de Reeltoy, on parle de vautours, de requins et autres animaux et on a bien du mal à voir le lien avec l'histoire originale. Les points de vue se suivent avec des rapports très ténus à l'histoire d'origine. Si bien qu'après quelques-uns de ces égarements, on a tendance à être perdu dans le dédale de Colin puis, à lâcher prise.

Fabrice Colin est plus connu pour ses romans SF, fantasy et ses écrits destinés à la jeunesse. Un roman perturbant mais qui n'a pas réussi à m'accrocher. J'ai parfois eu l'impression que l'auteur se faisait plaisir en oubliant quelque peu son lecteur. Dommage !

Marc Suquet

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