Les légions immortelles, T. 1

Scott WESTERFELD

Pocket, 2006
Traduit de l'anglais (USA). Première parution dans la langue originale en 2003.
coll. Science-Fiction, 413 pages, 8,60 euros



Voici le premier opus d'un space opera original. Nous sommes dans un futur lointain où l'humanité a depuis des millénaires colonisé un grand nombre de galaxies. Une partie d'entre elles sont regroupées sous la domination d'un empereur qui possède un fabuleux pouvoir, vieux rêve de l'Homme : la vie après la mort. L'empereur ressuscité, comme le nomment ses sujets des 80 mondes fédérés qui composent son empire, n'est pas un sorcier. Ce sont ses connaissances scientifiques qui lui ont permis de mettre au point le procédé qui ramène les morts à la vie, dont il garde jalousement le secret. Accéder à l'immortalité au sein de cette société n'est cependant pas automatique, c'est un honneur qui se mérite.
Si les civilisations extérieures à l'empire vivent en bonne intelligence avec celui-ci, il en est cependant une qui ne vit en paix avec personne, ce sont les Rixxes. Ces créatures qui se sont organisées en une espèce de secte prosélyte d'une rare virulence procèdent en raids éclairs sur les planètes sur lesquelles elles jettent leur dévolu, y installent grâce à des systèmes sophistiqués des programmes qui donnent naissance à de gigantesques méta-intelligences artificielles planétaires qu'elles adorent par la suite à l'égal de dieux. Et justement, une attaque rixxe a lieu sur la planète qui abrite la soeur de l'empereur, la " Raison ". Sa capture serait une catastrophe. Le fleuron de la flotte impériale est envoyé à sa rescousse, avec à sa tête le valeureux commandant Laurent Zaï. Réussira-t-il sa mission ? L'avenir de l'empire est en jeu, et son amour pour la belle Nara Oxham, le sénateur fou comme l'appellent ses ennemis, sera-t-il l'instrument de sa victoire ou de sa perte irrémédiable ?...

Sur une trame classique de société proto-féodale menacée par une barbarie extérieure, l'auteur a jeté l'esquisse d'une saga attachante. Ses personnages mêlent ce qu'il faut d'humanité et d'exotisme pour titiller l'imagination du lecteur friand de péripéties galactiques. Le jeu politique des différentes alliances entre factions au congrès qui dirige l'empire avec le dictateur génial est assez imaginativement décrit. Les sénateurs sont censés être élus pour cinquante années absolues, par exemple, mais passent de longues périodes en léthargie artificielle, ont des conseillers en myriades qui décryptent pour eux les tendances économiques et sociales intra et extra-planétaires, ont des implants qui leur permettent de suivre toute l'actualité de leur système comme sur de multiples écrans superposés devant leurs yeux, dont ils règlent l'intensité au gré de leurs besoins. Disons que le décor planté est plaisant et que les personnages introduits dans ce premier tome sont attirants. On a envie de savoir la suite...

Marion Godefroid-Richert

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