Ilium

Dan SIMMONS

Robert Laffont, 2004



Trois histoires, trois environnements, trois époques le tout pour la guerre de Troie...

La première histoire, c'est la seconde guerre de Troie, racontée par le Dr Hockenberry, professeur de mythologie grecque à l'université de Columbia. Il est mort au XXe siècle et ressuscité, bourré de " nanotechnologie " par d'obscures entités se faisant passer pour les " dieux " de l'Olympe. Son boulot est de " rendre des comptes " sur les hostilités entre Achéens et Troyens. Une mission particulière, commandée par Aphrodite en personne perturbe le bon déroulement des événements. Cette guerre de Troie, aura-t-elle lieu ?

La deuxième relate les aventures de Mahnmut et d'Orphu Io, deux moravecs amateurs éclairés de Shakespeare et de Proust. Les moravecs sont des robots crées par les humains pour explorer le système solaire. Le récit commence alors que Mahnmut et Orphu Io sont envoyés en mission pour comprendre les raisons de l'augmentation exagérée de " l'activité quantique " sur Mars. Leur vaisseau, La dame blanche est abattu en plein vol. Quelles sont donc ces entités qui pourchassent les deux amis impitoyablement ?

La troisième enfin débute dans le " noeud fax " du chateau d'Ardis. Daeman, séducteur mou et inconsistant s'y rend dans la ferme intention d'ajouter sa cousine Ada à son tableau de chasse. Mais c'est sans compter sur les amis de celle-ci : Harman, pas loin de fêter ses 5-20 (100 ans), qui sait lire, et Hannah sculpteuse-forgeron. Non contents d'avoir ces deux particularités incroyables (lire et forger), ils veulent en plus aller dans les anneaux rejoindre les posthumains. Aidée de Savi, dernière posthumaine surnommée " la juive errante ", ils y perdront leur insouciance mais gagneront la Vie.

Voici les trois histoires, les trois environnements et les trois époques... liées inexorablement vers une fin commune (pas dans ce tome mais dans Olympos, le tome 2).

Que dire de ce roman si ce n'est qu'il faut et que l'on doit y plonger sans retenue, avec une confiance absolue en ses capacités de ne pas perdre pied, sachant que tout va s'expliquer. Toutes les histoires sont construites dans le seul but de les faire se rencontrer, cela se devine, se ressent, se sent...Alors qu'importe les constantes références du Dr Hockenberry à la guerre de Troie, je l'aime pour ce coté attachant, si vrai, si proche de nous ! Qu'importe la culture infinie de Mahnmut et d'Orphu Io sur Shakespeare et Proust qui est à la hauteur de mon inculture, je vous aime tellement pour votre " humanité " chers Moravecs ! Qu'importe enfin la vanité et l'inconstance de nos quatre humains, je vous aime pour les bleus que vous recevrez tout au long du récit et qui vous redonneront le sens de l'essentiel.

Au bout du compte quand le roman se termine au bout de 600 pages on se dit " quoi déjà " et l'envie vous taraudera alors de vous plonger (ou replonger) dans L'Illiade. Merci Monsieur Simmons !

Annecat

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